Comment choisir son premier recycleur CCR ?
Chapitre 1 — Comprendre pourquoi le CCR a changé la plongée technique
« Le meilleur recycleur n’est pas celui qui impressionne sur une fiche technique. C’est celui qui correspond à votre façon de plonger. »
Depuis plusieurs décennies, les recycleurs à circuit fermé, ou CCR pour Closed Circuit Rebreather, ont profondément transformé la plongée technique.
Autrefois réservés à certains milieux militaires, scientifiques ou exploratoires, ils sont aujourd’hui utilisés par des plongeurs techniques, des photographes, des plongeurs souterrains, des explorateurs d’épaves et des plongeurs Trimix dans le monde entier.
Leur intérêt est simple à comprendre : au lieu de rejeter chaque respiration sous forme de bulles, le recycleur récupère le gaz expiré, élimine le dioxyde de carbone, remplace l’oxygène consommé et permet au plongeur de respirer à nouveau le même volume de gaz.

Cette différence change tout.
Ce que le CCR apporte réellement
Beaucoup de plongeurs associent d’abord le recycleur à l’autonomie. C’est vrai, mais ce n’est qu’une partie de l’histoire.
Un CCR apporte principalement cinq grands avantages :
- une autonomie beaucoup plus importante ;
- une consommation de gaz très réduite ;
- une optimisation de la décompression grâce à une PPO₂ contrôlée ;
- une respiration chaude et humide ;
- une discrétion presque totale grâce à l’absence de bulles.
Autonomie et consommation de gaz
En circuit ouvert, chaque expiration est perdue. Plus le plongeur descend profond, plus il consomme de gaz à chaque respiration.
En recycleur, la consommation dépend principalement de l’oxygène réellement utilisé par le métabolisme du plongeur. Elle devient donc beaucoup moins liée à la profondeur.
C’est l’une des raisons pour lesquelles le CCR est devenu un outil majeur pour les plongées longues, profondes ou complexes.
Décompression et PPO₂ constante
Un autre avantage majeur du CCR est la possibilité de maintenir une pression partielle d’oxygène, ou PPO₂, proche d’une valeur cible pendant la plongée.
En circuit ouvert, la PPO₂ varie avec la profondeur et le gaz respiré. En recycleur, elle peut être pilotée manuellement, automatiquement ou de manière hybride selon la machine utilisée.
Cela permet d’optimiser l’exposition à l’oxygène et de rendre certains profils de décompression plus efficaces, à condition que la planification soit correctement réalisée.
Silence et observation
L’absence quasi totale de bulles change aussi la relation avec l’environnement.
Les poissons, requins, tortues et mammifères marins sont souvent moins dérangés. Pour la photographie, l’observation animalière ou l’exploration discrète, cet avantage est considérable.
Mais le CCR n’est pas une machine magique
Un recycleur n’est pas un raccourci vers la plongée profonde. Il ne remplace ni la formation, ni l’expérience, ni la discipline.
Il ajoute même de nouvelles responsabilités :
- surveiller la PPO₂ ;
- contrôler l’état des cellules oxygène ;
- gérer la durée d’utilisation de la chaux ;
- préparer correctement la boucle respiratoire ;
- vérifier l’étanchéité de la machine ;
- maîtriser les procédures de secours.
Le CCR donne accès à des plongées extraordinaires, mais uniquement si le plongeur accepte la rigueur qui accompagne cet outil.
À retenir :
Le recycleur n’est pas seulement un équipement différent. C’est une autre manière de plonger. Il offre plus d’autonomie, plus de silence et plus de possibilités, mais il demande également plus de méthode, plus de préparation et une vraie discipline.

Les machines que nous comparerons dans ce guide
Dans les chapitres suivants, nous analyserons les grandes familles de recycleurs puis plusieurs machines connues du marché :






- Triton mCCR
- KISS Sidewinder
- Fathom Gemini Gen2 CCR
- JJ-CCR
- rEvo III
- Chest Mount O2ptima / Choptima
L’objectif n’est pas de désigner un vainqueur universel. Une machine peut être excellente pour la plongée souterraine, moins pratique pour voyager, très confortable en Trimix profond mais moins adaptée aux restrictions.
Le but de ce guide est donc de vous aider à comprendre les compromis derrière chaque architecture.
Transition vers le chapitre suivant
Avant de comparer les modèles, il faut d’abord comprendre comment fonctionne réellement un recycleur.
Le chapitre suivant expliquera le rôle de la boucle respiratoire, du scrubber, des cellules oxygène, de la PPO₂, du MAV, de l’ADV, du DSV et du BOV.
Le guide complet des recycleurs modernes pour la plongée technique, la plongée souterraine, les épaves et le Trimix
« Il n’existe pas de meilleur recycleur. Il existe simplement le meilleur recycleur pour votre façon de plonger. »
Introduction
Depuis une vingtaine d’années, les recycleurs, ou CCR pour Closed Circuit Rebreather, ont profondément transformé la plongée technique.
Autrefois réservés aux explorateurs, aux militaires et à quelques plongeurs très spécialisés, ils sont aujourd’hui utilisés quotidiennement pour explorer les grandes profondeurs, les épaves les plus célèbres et les réseaux souterrains les plus complexes de la planète.
Les recycleurs permettent d’augmenter considérablement l’autonomie, d’optimiser la décompression, de réduire la consommation de gaz et d’évoluer dans un silence presque total. Ils ouvrent ainsi la porte à des plongées qui seraient extrêmement contraignantes, voire impossibles, en circuit ouvert.
Pourtant, choisir son premier CCR reste une étape délicate.
En quelques années seulement, le marché s’est considérablement développé. Il existe aujourd’hui des recycleurs manuels, électroniques ou hybrides, des configurations dorsales, sidemount ou ventrales, ainsi que des philosophies de conception très différentes selon les fabricants.
Chaque machine possède ses forces, ses limites et son domaine de prédilection.
Le recycleur idéal pour un explorateur de cénotes au Mexique ne sera pas forcément celui d’un plongeur d’épaves en mer du Nord ou d’un passionné de Trimix profond en Méditerranée.
C’est précisément pour cette raison qu’il est impossible de désigner un « meilleur recycleur ».
En revanche, il est tout à fait possible d’identifier celui qui correspond le mieux à vos objectifs, à votre environnement de plongée, à votre budget et à votre façon de plonger.
Ce guide a été conçu pour vous accompagner dans cette réflexion.
L’objectif n’est pas de promouvoir une marque ou un modèle particulier, mais de présenter de manière objective les principales architectures de recycleurs disponibles aujourd’hui, leurs avantages, leurs limites et les compromis qu’elles impliquent.



Machines abordées dans ce guide
- Triton mCCR
- KISS Sidewinder
- Fathom Gemini
- JJ-CCR
- rEvo III
- Optima CCR
- Chest Mount Optima
Au fil des chapitres, nous parlerons également de maintenance, de coûts réels d’utilisation, de durée de vie de la chaux, d’autonomie, de facilité de transport, de plongée souterraine, de plongée profonde, de plongée sur épaves et de nombreux autres critères souvent absents des comparatifs traditionnels.
Que vous soyez un plongeur technique souhaitant effectuer sa transition vers le recycleur ou un plongeur déjà certifié cherchant à changer de machine, ce guide vous donnera toutes les clés pour faire un choix éclairé.
Pourquoi passer au recycleur ?
La plupart des plongeurs découvrent le recycleur pour une raison très simple : augmenter leur autonomie.
Mais réduire un CCR à une simple économie de gaz serait une erreur.
En réalité, un recycleur modifie profondément la manière de plonger.
Ce n’est pas seulement un équipement différent. C’est une philosophie de plongée.
Là où un plongeur en circuit ouvert transporte une quantité limitée de gaz qu’il rejette à chaque expiration, le recycleur réutilise en permanence le mélange respiré.
L’air expiré est filtré du dioxyde de carbone grâce à un absorbant chimique, la chaux sodée, puis enrichi en oxygène afin de maintenir une pression partielle adaptée à la profondeur.
Une autonomie incomparable
En circuit ouvert, chaque respiration est perdue. En recycleur, seule la quantité d’oxygène réellement consommée par l’organisme est remplacée.
La consommation devient quasiment indépendante de la profondeur.
Il devient ainsi possible de réaliser des plongées de plusieurs heures avec une quantité de gaz relativement faible.
Pour les longues explorations souterraines ou les plongées Trimix profondes, cet avantage change complètement la planification.
Une décompression optimisée
L’un des principaux atouts du recycleur est de maintenir une pression partielle d’oxygène, ou PPO₂, quasiment constante.
Contrairement au circuit ouvert, où la PPO₂ varie en permanence avec la profondeur, un CCR permet de conserver une valeur optimale tout au long de la plongée.
Le résultat est souvent une décompression plus efficace, avec une meilleure élimination des gaz inertes, sous réserve d’une planification adaptée.
Un silence presque absolu
L’absence quasi totale de bulles change complètement la relation avec le milieu.
Les poissons restent plus proches. Les requins deviennent moins méfiants. Les mammifères marins adoptent souvent un comportement plus naturel.
En photographie sous-marine, cette discrétion constitue un avantage considérable.
Une respiration chaude et humide
À chaque expiration, la chaleur et l’humidité sont conservées dans la boucle.
La respiration est donc beaucoup moins sèche qu’en circuit ouvert.
Sur les longues plongées ou dans une eau froide, cela améliore sensiblement le confort.
Une meilleure gestion du Trimix
En plongée profonde, les recycleurs réduisent drastiquement la consommation d’hélium.
Lorsque le prix du Trimix atteint plusieurs centaines d’euros par plongée, cette économie devient un argument majeur.
Conseil d’instructeur : un recycleur ne doit jamais être choisi uniquement pour économiser du gaz. Il doit être choisi parce qu’il correspond à votre type de plongée, à votre niveau de discipline et à votre capacité à entretenir correctement votre matériel.
Mais le recycleur n’est pas une solution miracle
Il est important de comprendre qu’un CCR n’est pas un équipement qui rend la plongée plus facile.
Au contraire, il ajoute de nouvelles responsabilités.
Le plongeur devient responsable de la surveillance permanente de paramètres qui n’existent pas en circuit ouvert :
- la PPO₂ ;
- le fonctionnement des cellules oxygène ;
- la durée d’utilisation de la chaux ;
- l’étanchéité de la boucle ;
- le bon fonctionnement des injections d’oxygène et de diluant ;
- la gestion des procédures de secours.
Chaque plongée commence désormais bien avant la mise à l’eau.
Le montage, les contrôles pré-plongée, les tests d’étanchéité, la calibration des cellules et les vérifications de sécurité font partie intégrante de la pratique.
C’est pourquoi un recycleur ne doit jamais être considéré comme un simple achat de matériel.
Il représente un engagement à adopter une discipline rigoureuse, une formation de qualité et un entraînement régulier.

Comment fonctionne un CCR ?
Avant de comparer les différents modèles, il est essentiel de comprendre leur principe de fonctionnement.
Contrairement au circuit ouvert, où chaque expiration est rejetée sous forme de bulles, un recycleur fonctionne en boucle fermée.
Le gaz expiré n’est pas perdu. Il est recyclé.
Le fonctionnement repose sur trois étapes fondamentales.
1. Élimination du dioxyde de carbone
Lorsque nous respirons, notre organisme consomme de l’oxygène mais produit également du dioxyde de carbone, ou CO₂.
Ce gaz doit impérativement être éliminé.
Dans un recycleur, l’air expiré traverse un filtre rempli de chaux sodée, appelé scrubber.

La chaux absorbe chimiquement le CO₂ et empêche ainsi son accumulation dans la boucle respiratoire.
Cette étape est essentielle : un scrubber saturé peut conduire à une hypercapnie, l’un des risques les plus sérieux en plongée CCR.
2. Remplacement de l’oxygène consommé
Contrairement au CO₂, l’oxygène est consommé par le métabolisme du plongeur.
Le recycleur doit donc réinjecter exactement la quantité d’oxygène nécessaire pour maintenir la PPO₂ souhaitée.
Selon la conception de la machine, cette injection est réalisée :
- manuellement, sur un mCCR ;
- automatiquement, sur un eCCR ;
- ou grâce à un système hybride combinant les deux approches.
3. Réutilisation du gaz
Une fois le CO₂ éliminé et l’oxygène réinjecté, le gaz redevient respirable.
Il retourne dans les faux poumons avant d’être inspiré à nouveau.
Le même volume de gaz peut ainsi être utilisé pendant plusieurs heures.
C’est cette capacité à recycler le gaz qui donne son nom au recycleur et explique son exceptionnelle autonomie.
Les différents types de recycleurs
Manuel, électronique ou hybride : comprendre les trois grandes philosophies du CCR
L’une des premières questions que se pose un plongeur souhaitant passer au recycleur est souvent la suivante :
Dois-je choisir un recycleur manuel ou électronique ?
La question paraît simple. La réponse l’est beaucoup moins.
Sur les forums spécialisés, les débats entre défenseurs du mCCR et de l’eCCR existent depuis plus de vingt ans.
Les uns mettent en avant la simplicité mécanique et la fiabilité du système manuel. Les autres apprécient le confort apporté par les contrôleurs électroniques modernes.
Puis sont apparus les systèmes hybrides, cherchant à combiner les avantages des deux approches.
Avant de comparer les différentes machines, il est donc essentiel de comprendre les principes de fonctionnement de ces trois grandes familles.
Important : aucune philosophie n’est supérieure aux autres dans l’absolu. Chaque architecture répond à une manière de plonger, à un niveau d’expérience et à des priorités différentes.
Les recycleurs manuels : mCCR
Le mCCR, pour manual Closed Circuit Rebreather, est probablement l’architecture la plus simple.
Sur un recycleur manuel, le plongeur reste responsable de l’ajustement de la quantité d’oxygène présente dans la boucle respiratoire.
Il n’existe pas de contrôleur électronique chargé de maintenir automatiquement une consigne de PPO₂.
La machine fournit généralement un débit constant d’oxygène, appelé mass flow, auquel le plongeur ajoute manuellement de l’oxygène à l’aide d’une Manual Add Valve, ou MAV, lorsque cela est nécessaire.
La surveillance permanente de la PPO₂ se fait grâce aux cellules d’oxygène et à l’ordinateur de plongée.
Autrement dit, le recycleur ne prend aucune décision à votre place.
C’est le plongeur qui pilote sa machine.
Des modèles comme le Triton mCCR ou le KISS Sidewinder reposent sur cette philosophie.
Avantages du mCCR
- Simplicité mécanique.
- Moins d’électronique embarquée.
- Maintenance souvent plus accessible.
- Très bonne compréhension du fonctionnement de la machine.
- Autonomie électrique moins critique.
- Approche très directe du pilotage de la PPO₂.
Limites du mCCR
- Charge mentale plus importante.
- Surveillance très régulière de la PPO₂ indispensable.
- Injection manuelle d’oxygène à intégrer comme automatisme.
- Moins de confort pour les plongeurs qui préfèrent une régulation automatique.
- Demande une excellente discipline.
Les recycleurs électroniques : eCCR
Les eCCR, pour electronic Closed Circuit Rebreather, représentent aujourd’hui une grande partie du marché.
Le principe est différent.
Le recycleur mesure en permanence la PPO₂ grâce à plusieurs cellules galvaniques.
Ces informations sont analysées par un ou plusieurs contrôleurs électroniques.
Lorsque la PPO₂ descend sous la valeur de consigne choisie par le plongeur, appelée setpoint, le contrôleur ouvre automatiquement une électrovanne, ou solenoid, qui injecte de l’oxygène dans la boucle jusqu’à retrouver la valeur souhaitée.
Le plongeur reste responsable de la surveillance du système, mais la régulation quotidienne est assurée automatiquement.
Des machines comme le JJ-CCR, l’AP Inspiration, le X-CCR ou le Liberty CCR fonctionnent selon ce principe.
Avantages de l’eCCR
- PPO₂ très stable.
- Charge de travail réduite.
- Confort important sur les longues plongées.
- Très adapté aux plongées profondes et aux profils Trimix.
- Gestion automatique pratique lors des changements de profondeur.
- Bonne intégration avec les ordinateurs et contrôleurs modernes.
Limites de l’eCCR
- Électronique plus complexe.
- Dépendance aux batteries, connecteurs, contrôleurs et solenoids.
- Maintenance plus rigoureuse.
- Coût souvent plus élevé.
- Risque de fausse sensation de sécurité si le plongeur fait trop confiance à la machine.
Erreur fréquente : un eCCR ne pense jamais à la place du plongeur. Le contrôleur peut injecter de l’oxygène, mais la responsabilité de vérifier la PPO₂ reste toujours celle du plongeur.
Les recycleurs hybrides : hCCR
Entre les deux philosophies précédentes sont apparus les recycleurs hybrides.
Leur objectif est simple : associer la simplicité du mCCR au confort de l’eCCR.
Selon les fabricants, cette approche peut prendre différentes formes.
Certaines machines utilisent une électronique assurant la régulation automatique tout en permettant un fonctionnement manuel complet en cas de défaillance.
D’autres conservent un débit constant d’oxygène tout en ajoutant une assistance électronique ponctuelle.
Le Fathom Gemini ou certains rEvo III peuvent être configurés selon cette philosophie, selon l’équipement choisi.
Cette architecture séduit de plus en plus de plongeurs techniques, notamment ceux qui recherchent une forte redondance tout en conservant un confort d’utilisation élevé.
Avantages des systèmes hybrides
- Bon compromis entre contrôle manuel et assistance électronique.
- Redondance intéressante.
- Possibilité de continuer à piloter la machine manuellement.
- Confort supérieur à un mCCR pur.
- Approche appréciée par certains plongeurs d’exploration.
Limites des systèmes hybrides
- Architecture parfois plus complexe à comprendre.
- Configuration variable selon les fabricants.
- Demande une formation très précise sur la machine utilisée.
- Peut combiner les exigences de maintenance du manuel et de l’électronique.
Comparatif : mCCR, eCCR et hybride
| Critère | mCCR | eCCR | Hybride |
|---|---|---|---|
| Gestion de la PPO₂ | Manuelle | Automatique | Mixte |
| Électronique | Très limitée | Importante | Modérée à importante |
| Charge de travail | Élevée | Plus faible | Intermédiaire |
| Complexité mécanique | Faible | Plus élevée | Variable |
| Formation nécessaire | Importante | Importante | Importante |
| Sensibilité aux batteries | Faible | Élevée | Moyenne |
| Redondance possible | Excellente | Excellente | Excellente |
| Coût moyen | Souvent inférieur | Souvent supérieur | Variable |
| Exemples | Triton mCCR, KISS Sidewinder | JJ-CCR, AP Inspiration, X-CCR, Liberty CCR | Fathom Gemini, certaines configurations rEvo |
Quel système est le plus sûr ?
C’est probablement la question qui revient le plus souvent.
Et la réponse surprend souvent les nouveaux plongeurs :
Aucun système n’est automatiquement plus sûr qu’un autre.
Un mCCR parfaitement maîtrisé est infiniment plus sûr qu’un eCCR sophistiqué utilisé par un plongeur mal formé.
À l’inverse, un eCCR bien entretenu et piloté par un plongeur rigoureux offre un niveau de sécurité remarquable.
La sécurité ne dépend donc pas uniquement de la machine.
Elle repose sur trois piliers :
- une formation de qualité ;
- une pratique régulière ;
- une discipline irréprochable.
Le recycleur n’est jamais plus fiable que son utilisateur.
Le choix de l’auteur (Julien Garnier)
Au fil de mes années d’enseignement et de plongée technique, j’ai eu l’occasion d’utiliser plusieurs recycleurs dans des environnements très différents, des cénotes du Mexique aux plongées profondes.
J’ai appris une chose essentielle : chaque machine est le résultat d’une philosophie de conception.
Certaines privilégient la simplicité, d’autres le confort, d’autres encore la modularité ou la redondance.
Il est donc inutile de chercher un vainqueur absolu.
La vraie question est beaucoup plus simple :
Quel recycleur correspond le mieux à votre manière de plonger ?
C’est précisément ce que nous allons découvrir dans les prochains chapitres, en comparant les différentes architectures dorsale, sidemount et ventrale, puis en analysant en détail les principaux recycleurs du marché, leurs points forts, leurs limites et les environnements dans lesquels ils excellent.
Remarque technique : le Gemini et certains rEvo ne doivent pas être présentés comme hybrides par nature. Ils peuvent être configurés ou utilisés avec une philosophie hybride selon leur équipement, leurs contrôleurs et leur configuration. Pour un guide sérieux, il faut donc toujours préciser la version exacte de la machine comparée.
Les architectures de recycleurs : dorsal, sidemount et ventral
Après avoir compris la différence entre mCCR, eCCR et systèmes hybrides, il faut s’intéresser à un autre critère essentiel : l’architecture physique du recycleur.
Autrement dit : où la machine se place-t-elle sur le corps du plongeur ?
Cette question peut sembler secondaire au premier abord. En réalité, elle influence énormément le confort, le trim, la maintenance, la facilité de transport, l’accès aux robinets, la gestion des bail-out, le comportement dans les restrictions et même la manière de planifier une plongée.
On distingue principalement trois grandes familles :
- les recycleurs dorsaux ;
- les recycleurs sidemount ;
- les recycleurs ventraux.
Chaque architecture possède ses avantages et ses limites. Une fois encore, il n’existe pas de solution parfaite. Le bon choix dépendra de votre environnement principal de plongée.
Les recycleurs dorsaux

Les recycleurs dorsaux sont les plus répandus dans le monde du CCR.
La machine est portée dans le dos, généralement à la place d’un bi-bouteilles. Les faux poumons peuvent être dorsaux, frontaux ou intégrés selon les modèles.
Cette architecture est très populaire en plongée profonde, en plongée Trimix, en épave et dans de nombreuses formations CCR.
Des machines comme le JJ-CCR, le rEvo, l’AP Inspiration, le Liberty CCR, le X-CCR ou encore certains modèles Optima appartiennent à cette famille.
Avantages des recycleurs dorsaux
- Très bonne stabilité générale.
- Architecture bien connue et largement enseignée.
- Très adaptée à la plongée profonde et au Trimix.
- Bonne capacité d’intégration des bouteilles embarquées.
- Volume de chaux souvent confortable.
- Nombreuses options de contrôleurs, HUD, BOV et ordinateurs CCR.
- Bonne disponibilité de formations et d’instructeurs selon les modèles.
Inconvénients des recycleurs dorsaux
- Poids plus important au transport.
- Machine parfois encombrante en voyage.
- Moins adaptée aux restrictions très étroites.
- Accès aux éléments dorsaux parfois plus difficile seul.
- Portage parfois fatigant sur les entrées de cénotes éloignées.
- Moins modulaire pour les plongeurs habitués au sidemount pur.
Pour quel type de plongée ?
| Environnement | Adaptation | Commentaire |
|---|---|---|
| Plongée profonde | Excellente | Très bonne plateforme pour le Trimix et les longues décompressions. |
| Épaves | Très bonne | Idéal pour les épaves ouvertes ou les pénétrations larges. |
| Grotte | Bonne à très bonne | Très efficace dans les galeries larges, moins confortable dans les restrictions sévères. |
| Voyage avion | Variable | Dépend fortement du poids, des canisters, des bouteilles et des accessoires. |
Retour d’expérience : le recycleur dorsal reste une référence pour les plongées profondes et les profils Trimix. Il offre une plateforme stable, puissante et éprouvée. En revanche, pour les cénotes avec longues marches d’approche, entrées complexes ou restrictions, son poids et son volume peuvent devenir un vrai critère de choix.
Les recycleurs sidemount

Les recycleurs sidemount ont été conçus pour répondre à des besoins très spécifiques, notamment en plongée souterraine.
Contrairement aux machines dorsales, la boucle et les canisters sont répartis latéralement autour du plongeur. Cette architecture permet de conserver une configuration proche du sidemount classique, avec une excellente liberté de mouvement et un profil très bas.
Les deux modèles les plus connus dans cette catégorie sont le KISS Sidewinder et le Fathom Gemini.
Avantages des recycleurs sidemount
- Excellent profil pour la plongée souterraine.
- Très bonne adaptation aux restrictions.
- Accès facilité à la configuration latérale.
- Très bon équilibre pour les plongeurs déjà formés au sidemount.
- Modularité importante.
- Possibilité de conserver une philosophie de plongée très proche du sidemount ouvert.
Inconvénients des recycleurs sidemount
- Demande une excellente maîtrise du sidemount.
- Montage parfois plus long au départ.
- Gestion de la boucle plus spécifique.
- Formation plus spécialisée.
- Moins universel pour les centres ou bateaux habitués aux recycleurs dorsaux.
- Peut être moins intuitif pour un plongeur venant directement du backmount.
Pour quel type de plongée ?
| Environnement | Adaptation | Commentaire |
|---|---|---|
| Grotte | Excellente | Probablement l’un des environnements où cette architecture prend le plus de sens. |
| Restrictions | Excellente | Profil bas, grande liberté de mouvement et bonne modularité. |
| Épaves | Bonne | Très intéressant pour les pénétrations complexes, moins universel sur les bateaux. |
| Plongée profonde | Bonne à très bonne | Possible, mais demande une configuration très réfléchie, notamment pour les bail-out. |
Important : un recycleur sidemount n’est pas une solution magique pour les restrictions. Il exige une excellente maîtrise du trim, du palmage, du positionnement sur le fil et de la gestion des volumes. Un mauvais plongeur sidemount ne deviendra pas meilleur simplement parce qu’il passe sur un CCR sidemount.
Les recycleurs ventraux

Les recycleurs ventraux occupent une place particulière dans le monde du CCR.
La machine est portée à l’avant du plongeur, généralement sur le torse ou en position abdominale. Cette architecture permet de conserver une grande partie de la configuration existante, que le plongeur soit en backmount, en sidemount ou parfois même avec une configuration très personnalisée.
Le Triton mCCR est aujourd’hui l’un des recycleurs ventraux les plus connus. Le Chest Mount Optima appartient également à cette catégorie. Le futur recycleur ventral Halcyon devra être évalué avec prudence lorsque ses caractéristiques définitives seront officiellement publiées.
Avantages des recycleurs ventraux
- Très grande compacité.
- Transport souvent plus facile qu’une grosse machine dorsale.
- Possibilité de l’utiliser avec différentes configurations.
- Accès visuel et manuel direct à la machine.
- Intéressant pour le voyage.
- Très adapté à certains profils de plongée en cénotes.
- Peut compléter une configuration existante sans tout remplacer.
Inconvénients des recycleurs ventraux
- Volume supplémentaire sur l’avant du plongeur.
- Peut gêner certains mouvements ou certaines manipulations.
- Demande une adaptation du trim et du lestage.
- Autonomie de chaux parfois plus limitée selon les modèles.
- Moins adapté à certains profils très longs ou très profonds selon configuration.
- Gestion du routage des flexibles à travailler soigneusement.
Pour quel type de plongée ?
| Environnement | Adaptation | Commentaire |
|---|---|---|
| Voyage | Très bonne | L’un des grands atouts des machines compactes comme le Triton. |
| Cénotes | Très bonne | Excellent choix pour certains profils, surtout lorsque le portage et la compacité comptent. |
| Épaves | Variable | Dépend de la pénétration, du volume frontal et de la configuration globale. |
| Plongée très profonde | Variable | Possible selon machine, formation et redondance, mais pas toujours le premier choix pour les très longues plongées Trimix. |
Retour d’expérience : le gros avantage d’un recycleur ventral est sa capacité à s’intégrer dans une configuration existante. Pour un plongeur voyageur, un instructeur itinérant ou un plongeur de cénotes qui doit transporter son matériel sur des entrées parfois compliquées, cette compacité peut devenir un argument majeur.
Comparatif général des architectures
| Critère | Dorsal | Sidemount | Ventral |
|---|---|---|---|
| Exemples | JJ-CCR, rEvo, AP Inspiration, X-CCR | KISS Sidewinder, Fathom Gemini | Triton mCCR, Chest Mount Optima, Halcyon ventral |
| Point fort principal | Stabilité et profondeur | Grotte et restrictions | Compacité et polyvalence |
| Voyage avion | Moyen à difficile | Moyen | Souvent très bon |
| Plongée profonde | Excellente | Bonne à très bonne | Variable |
| Grotte | Bonne | Excellente | Très bonne selon profil |
| Restrictions | Limité | Excellent | Variable selon volume frontal |
| Temps de mise en œuvre | Moyen | Moyen à long | Souvent assez rapide |
| Maintenance | Variable selon modèle | Spécifique, souvent très modulaire | Souvent simple, selon modèle |
Quel recycleur pour quel type de plongée ?
Un recycleur ne se choisit jamais uniquement sur une fiche technique.
Deux machines peuvent avoir des caractéristiques très proches sur le papier et offrir une expérience totalement différente dans l’eau.
Le bon choix dépend surtout de vos plongées réelles, pas de vos plongées imaginées.
Un plongeur qui fait principalement des cénotes peu profondes avec portage et longues marches d’approche n’aura pas les mêmes besoins qu’un plongeur Trimix qui prépare régulièrement des plongées à 100 mètres.
De la même manière, un plongeur d’épaves en mer froide ne choisira pas forcément la même machine qu’un plongeur cave en sidemount dans la Riviera Maya.
Profil 1 : le plongeur profond Trimix
Le plongeur profond recherche avant tout une plateforme stable, fiable, capable d’embarquer suffisamment de gaz, de gérer de longues décompressions et d’offrir une autonomie confortable.
Dans ce contexte, les recycleurs dorsaux restent souvent très populaires.
Des machines comme le JJ-CCR, le rEvo ou l’AP Inspiration sont fréquemment utilisées pour ce type de plongée.
Priorités principales
- Stabilité à grande profondeur.
- Autonomie de chaux confortable.
- Bonne intégration des bail-out.
- Électronique fiable et redondante.
- Compatibilité Trimix.
- Confort respiratoire sur longues plongées.
Profil 2 : le plongeur de grotte
En plongée souterraine, la question change complètement.
Le trim, le profil, la capacité à gérer des restrictions, le comportement sur le fil et la facilité de déplacement deviennent essentiels.
Les recycleurs sidemount prennent ici tout leur sens, notamment pour les plongeurs déjà très à l’aise dans cette configuration.
Le KISS Sidewinder et le Fathom Gemini sont particulièrement intéressants pour ce type de pratique.
Priorités principales
- Profil bas.
- Facilité dans les restrictions.
- Modularité.
- Accès au matériel.
- Gestion du fil et des changements de direction.
- Compatibilité avec bail-out sidemount.
Profil 3 : le plongeur voyageur
Le plongeur voyageur recherche une machine compacte, légère, robuste et facile à transporter.
Le poids devient un critère majeur, tout comme la facilité de montage, la disponibilité des consommables et la compatibilité avec différentes configurations locales.
Dans cette catégorie, les recycleurs ventraux comme le Triton mCCR sont particulièrement intéressants.
Priorités principales
- Poids réduit.
- Volume compact.
- Facilité de transport en avion.
- Montage simple.
- Maintenance utilisateur accessible.
- Polyvalence avec différentes configurations.
Profil 4 : le plongeur d’épaves
La plongée sur épave peut demander des qualités très différentes selon le type d’épave.
Pour une épave profonde ouverte, un recycleur dorsal est souvent très adapté. Pour une pénétration complexe avec passages étroits, une configuration sidemount ou compacte peut devenir plus intéressante.
Le choix dépendra donc de la nature des épaves, de la profondeur, de la visibilité, de l’accès au site et du niveau de pénétration prévu.
Priorités principales
- Stabilité.
- Robustesse.
- Gestion des bail-out.
- Profil adapté à la pénétration.
- Bonne visibilité des instruments.
- Procédures de secours simples et répétables.
Profil 5 : l’instructeur ou le plongeur multi-environnements
Certains plongeurs ne pratiquent pas un seul type de plongée.
Ils voyagent, enseignent, plongent en mer, en grotte, en épave, en sidemount, en backmount ou avec différents élèves.
Pour ce profil, la polyvalence devient plus importante que la spécialisation absolue.
Le meilleur recycleur sera souvent celui qui peut s’adapter à plusieurs environnements sans devenir trop lourd, trop complexe ou trop contraignant.
Priorités principales
- Polyvalence.
- Fiabilité.
- Facilité de formation.
- Maintenance accessible.
- Transport raisonnable.
- Bonne valeur de revente.
Tableau d’aide au choix selon le profil
| Profil du plongeur | Architecture souvent adaptée | Exemples de machines | Attention principale |
|---|---|---|---|
| Trimix profond | Dorsal | JJ-CCR, rEvo, AP Inspiration | Autonomie, redondance, bail-out, décompression. |
| Grotte / cave diving | Sidemount ou ventral | Sidewinder, Gemini, Triton | Restrictions, trim, gestion du fil, bail-out. |
| Voyage | Ventral ou compact | Triton, Chest Mount Optima | Poids, douanes, batteries, consommables. |
| Épaves profondes | Dorsal | JJ-CCR, rEvo, X-CCR | Stabilité, redondance, pénétration, visibilité. |
| Instructeur polyvalent | Selon activité principale | Triton, JJ-CCR, rEvo, Sidewinder | Disponibilité formation, pièces, maintenance. |
Conclusion intermédiaire
À ce stade, une chose doit être claire : choisir un recycleur ne consiste pas à chercher la machine la plus chère, la plus récente ou la plus populaire.
Il s’agit de comprendre une philosophie de plongée.
Un recycleur dorsal peut être exceptionnel pour les plongées profondes et les longues décompressions, mais moins agréable à transporter dans certains cénotes.
Un recycleur sidemount peut être remarquable en grotte, mais demandera une excellente maîtrise technique et une configuration parfaitement pensée.
Un recycleur ventral peut offrir une compacité incroyable et une grande polyvalence, mais ne sera pas toujours le meilleur choix pour toutes les plongées profondes ou toutes les explorations longues.
La bonne machine n’est donc pas celle qui impressionne le plus sur une photo.
C’est celle que vous serez capable de préparer correctement, d’entretenir régulièrement, de comprendre profondément et d’utiliser avec discipline dans votre environnement réel de plongée.
Le meilleur CCR n’est pas celui qui fait le plus de choses. C’est celui que vous connaissez assez bien pour savoir exactement ce qu’il fait, ce qu’il ne fait pas, et comment réagir lorsqu’il ne fonctionne plus comme prévu.
Comparatif des principaux recycleurs CCR
Les données ci-dessous sont basées sur les informations publiées par les fabricants ou distributeurs officiels. Elles doivent toujours être vérifiées avant l’achat, car le poids, le prix et la configuration peuvent varier selon les options, les contrôleurs, les faux poumons, les bouteilles, le BOV, les ordinateurs et les accessoires choisis.
Triton mCCR

Type mCCR
ArchitectureVentral
Contrôle PPO₂ Manuel / mécanique
Poids fabricant 7 kg à vide / 12 kg prêt à plonger selon M3S
Scrubber Canister axial M
Chaux 2,2 kg
Prix À vérifier selon configuration
Idéal pour Voyage, cénotes, sidemount, instructeurs itinérants
Points forts
- Très compact.
- Léger et facile à transporter.
- Excellent pour voyager.
- Compatible avec différentes configurations.
- Très intéressant pour les cénotes et les plongées nécessitant du portage.
Limites principales
- Demande une vraie discipline de pilotage mCCR.
- Volume frontal à intégrer dans le trim.
- Autonomie de chaux plus limitée qu’un gros dorsal.
- Pas forcément le premier choix pour les très longues plongées profondes.
Mon avis : le Triton est l’une des machines les plus intéressantes pour un plongeur voyageur, un plongeur de cénotes ou un instructeur qui veut une solution compacte et polyvalente. Son principal intérêt est de pouvoir s’intégrer dans une configuration existante sans transporter une grosse machine dorsale. Par contre un peu limitée pour la plongée très profonde ou la configuration dorsale est plus pratique.
KISS Sidewinder

Type mCCR
Architecture Sidemount
Contrôle PPO₂ Manuel
Poids fabricant Variable selon configuration
Scrubber Split canister / deux canisters latéraux
Chaux À vérifier selon version
Prix À vérifier selon configuration
Idéal pour Grotte, restrictions, sidemount avancé
Points forts
- Référence en plongée souterraine sidemount.
- Excellent profil dans l’eau.
- Très adapté aux restrictions.
- Philosophie simple et robuste.
- Très apprécié des plongeurs cave expérimentés.
Limites principales
- Demande une excellente maîtrise du sidemount.
- Machine plus spécialisée.
- Moins universelle pour la plongée bateau classique.
- Formation spécifique indispensable.
Mon avis : le Sidewinder n’est pas simplement un recycleur, c’est une vraie philosophie de plongée souterraine. Pour un plongeur cave sidemount expérimenté, il peut être exceptionnel. Pour un premier CCR sans expérience sidemount solide, il peut être exigeant.
Fathom Gemini Gen2 CCR

Type mCCR
Architecture Sidemount / split scrubber
Contrôle PPO₂ Manuel avec needle valve et MAV
Poids fabricant 20,2 lb / 9,2 kg sans bouteilles ni chaux
Scrubber Dual axial scrubbers
Chaux 4,8 lb / 2,2 kg
Prix fabricant 8 670 $ à 9 970 $ selon options
Idéal pour Grotte, exploration, sidemount CCR
Points forts
- Très orienté plongée souterraine.
- Profil bas.
- Design moderne.
- Option BOV disponible.
- Architecture pensée pour le sidemount CCR.
Limites principales
- Machine spécialisée.
- Formation spécifique indispensable.
- Disponibilité plus limitée selon les régions.
- Demande une configuration très rigoureuse.
Mon avis : le Gemini est une machine très intéressante pour le plongeur cave qui veut une solution sidemount CCR moderne. C’est une machine à considérer sérieusement pour l’exploration souterraine, mais elle demande un vrai engagement technique.
JJ-CCR

Type eCCR
Architecture Dorsal
Contrôle PPO₂ Électronique / solenoid / HUD indépendant
Poids fabricant Variable selon configuration
Scrubber Axial standard
Chaux 2,3 kg de Sofnolime 797
Prix À vérifier selon configuration
Idéal pour Trimix profond, épaves, exploration, longues plongées
Points forts
- Très robuste.
- Excellente plateforme pour la plongée profonde.
- Très populaire en Trimix et exploration.
- Bonne stabilité dans l’eau.
- Large réseau de formation selon les régions.
Limites principales
- Plus lourd qu’un ventral ou sidemount.
- Moins pratique pour voyager léger.
- Portage plus contraignant sur certaines entrées de cénotes.
- Architecture dorsale moins adaptée aux restrictions sévères.
Mon avis : le JJ-CCR est une machine de référence pour le Trimix profond, les épaves et les plongées longues. C’est une plateforme solide et éprouvée, mais elle n’a pas la compacité d’un ventral ni le profil d’un sidemount.
rEvo III

TypemCCR / hCCR / eCCR selon version
Architecture Dorsal compact
Contrôle PPO₂ Variable selon électronique choisie
Poids fabricant Selon version : Standard, Mini, Micro FT
Scrubber Double scrubber rEvo
Chaux Selon version et configuration
Prix fabricant À partir d’environ 5 440 € selon version
Idéal pour Polyvalence, Trimix, épaves, plongée technique
Points forts
- Architecture compacte pour un recycleur dorsal.
- Double scrubber.
- Nombreuses configurations possibles.
- Très bonne polyvalence.
- Versions Standard, Mini et Micro FT disponibles.
Limites principales
- Configuration à bien comprendre avant achat.
- Différences importantes selon les versions.
- Maintenance spécifique.
- Peut être plus complexe à choisir pour un premier CCR.
Mon avis : le rEvo est très intéressant pour le plongeur qui veut une machine dorsale compacte et polyvalente. Il faut cependant bien choisir la version et comprendre la logique de la machine avant de l’acheter.
Chest Mount O2ptima / Choptima

Type eCCR
Architecture Ventral / chest mount
Contrôle PPO₂ Électronique Shearwater DiveCAN
Poids fabricant 14,4 lb / environ 6,5 kg sans bouteille O₂ ni chaux
Scrubber ExtendAir ou chaux granulaire
Chaux Environ 5 lb / 2,2 kg de chaux granulaire
Prix À vérifier selon configuration
Idéal pour Sidemount, backmount, voyage, configurations modulaires
Points forts
- Machine ventrale électronique.
- Compatible avec plusieurs configurations.
- Boucle courte.
- Poids contenu.
- Très intéressante pour les plongeurs cherchant un chest mount eCCR.
Limites principales
- Volume frontal à gérer.
- Dépendance électronique.
- Formation et support variables selon région.
- À comparer directement avec le Triton selon philosophie de plongée.
Mon avis : le Choptima est une alternative très intéressante pour ceux qui veulent une machine ventrale mais avec une logique eCCR. Il mérite d’être comparé directement au Triton, car les deux machines répondent à des besoins proches avec des philosophies très différentes.
sont pas disponibles, il serait prématuré de le comparer sérieusement au Triton ou au Choptima.
Tableau récapitulatif simplifié
Tableau récapitulatif : quel recycleur pour quel type de plongeur ?
| Recycleur | Grotte | Épaves | Trimix profond | Voyage | Premier CCR | Profil idéal |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Triton mCCR | ★★★★★ | ★★★☆☆ | ★★★☆☆ | ★★★★★ | ★★★★☆ | Voyage, cénotes, instructeurs, plongeurs recherchant une machine compacte et légère. |
| KISS Sidewinder | ★★★★★ | ★★★★☆ | ★★★★☆ | ★★★☆☆ | ★★☆☆☆ | Plongeurs cave expérimentés déjà à l’aise en sidemount. |
| Fathom Gemini Gen2 | ★★★★★ | ★★★★☆ | ★★★★☆ | ★★★☆☆ | ★★☆☆☆ | Exploration souterraine, sidemount CCR moderne, plongeurs techniques. |
| JJ-CCR | ★★★★☆ | ★★★★★ | ★★★★★ | ★★☆☆☆ | ★★★★★ | Trimix profond, longues explorations, épaves et plongées engagées. |
| rEvo III | ★★★★☆ | ★★★★★ | ★★★★★ | ★★★☆☆ | ★★★★☆ | Plongeurs recherchant une machine dorsale compacte, polyvalente et évolutive. |
| Chest Mount O2ptima (Choptima) | ★★★★☆ | ★★★★☆ | ★★★★☆ | ★★★★☆ | ★★★★☆ | Plongeurs souhaitant un recycleur ventral électronique, polyvalent et facilement transportable. |
Comment lire ce tableau ?
Les étoiles représentent simplement l’environnement dans lequel chaque machine est généralement la plus à l’aise. Elles ne constituent pas un classement des recycleurs. Le meilleur CCR reste toujours celui qui correspond à votre formation, votre expérience, votre type de plongée et votre capacité à maîtriser parfaitement votre machine. Un excellent plongeur sur un recycleur qu’il connaît parfaitement sera toujours plus performant et plus sûr qu’un plongeur utilisant la machine la plus sophistiquée du marché sans véritable expérience.
Note importante : ces étoiles ne sont pas une vérité absolue. Elles servent uniquement à orienter le lecteur selon les usages les plus logiques de chaque architecture. Le choix final doit toujours dépendre de la formation, du type de plongée, de l’accès aux pièces, de la maintenance et du support local.
Le coût réel d’un recycleur
L’une des premières questions que se pose un futur plongeur CCR est presque toujours la même :
« Combien coûte réellement un recycleur ? »
La réponse est pourtant beaucoup plus complexe que le simple prix affiché sur le site d’un fabricant.
Acheter un recycleur ne consiste pas uniquement à investir dans une machine. Il faut également prendre en compte la formation, les consommables, la maintenance, les pièces d’usure, les révisions périodiques ainsi que le coût des gaz.
À l’inverse, un recycleur permet également de réaliser des économies importantes, notamment sur les plongées profondes au Trimix où la consommation d’hélium devient un facteur déterminant.
Pour comprendre ce que représente réellement un investissement en CCR, il faut raisonner en coût global de possession plutôt qu’en simple prix d’achat.
L’investissement initial
Le premier poste de dépense est naturellement l’achat de la machine.
Selon le constructeur et la configuration choisie, le prix peut varier de plusieurs milliers d’euros.
Mais le recycleur seul ne suffit jamais.
Dans la plupart des cas, il faudra également prévoir :
- un ou deux ordinateurs compatibles CCR ;
- un BOV (si celui-ci n’est pas fourni d’origine) ;
- des bouteilles de bail-out ;
- les détendeurs adaptés ;
- un analyseur d’oxygène ;
- la première charge de chaux sodée ;
- les cellules d’oxygène ;
- les petits consommables (joints, graisse compatible oxygène, filtres, etc.).
À retenir : Le prix affiché par un fabricant correspond rarement au coût réel d’une configuration prête à plonger.
La formation
Contrairement à un détendeur ou à une wing, un recycleur ne s’achète pas pour être utilisé immédiatement.
Chaque modèle possède ses propres procédures, sa logique de fonctionnement et sa check-list.
Une formation spécifique est donc indispensable.
Cette formation comprend généralement :
- la théorie du fonctionnement du CCR ;
- le montage complet de la machine ;
- la préparation avant plongée ;
- les contrôles de sécurité ;
- les procédures normales ;
- les procédures d’urgence ;
- la maintenance quotidienne ;
- plusieurs plongées de validation.
C’est probablement l’investissement le plus rentable de toute votre carrière de plongeur CCR.
Les consommables
Contrairement à ce que beaucoup imaginent, un recycleur consomme finalement assez peu de consommables.
Les principaux postes de dépenses sont les suivants.
La chaux sodée

Le scrubber est rempli de chaux sodée qui absorbe le dioxyde de carbone produit par votre respiration.
Sa durée d’utilisation dépend principalement :
- du modèle de recycleur ;
- du volume du canister ;
- de la température de l’eau ;
- de votre ventilation ;
- de votre effort ;
- des recommandations du fabricant.
Même lorsque les fabricants annoncent plusieurs heures d’autonomie, il est recommandé d’appliquer une marge de sécurité confortable.
Les cellules d’oxygène

Les cellules galvaniques vieillissent naturellement.
Même lorsqu’elles semblent fonctionner correctement, elles doivent être remplacées régulièrement conformément aux recommandations du fabricant et de votre organisme de formation.
Le remplacement préventif coûte toujours beaucoup moins cher qu’un incident sous l’eau.
Les joints toriques

Leur coût est faible.
En revanche, leur importance est capitale.
Un simple joint endommagé peut provoquer une fuite de la boucle respiratoire ou empêcher la machine de réussir les tests d’étanchéité.
Les batteries

Les recycleurs modernes utilisent différents types de batteries selon les fabricants.
Certaines sont rechargeables. D’autres doivent être remplacées régulièrement.
Quel que soit le modèle, leur état doit être contrôlé avant chaque plongée.
Les gaz

Le véritable intérêt économique d’un recycleur apparaît surtout lorsque les plongées deviennent profondes.
L’oxygène consommé reste très faible.
En revanche, la consommation d’hélium chute de manière spectaculaire par rapport au circuit ouvert.
Plus les plongées sont profondes et longues, plus cette économie devient importante.
Exemple : Lors d’une plongée Trimix profonde, un plongeur en circuit ouvert peut consommer plusieurs centaines de litres d’hélium. En CCR, seule une faible quantité est réellement utilisée pour compenser la consommation métabolique et les variations de volume de la boucle.
La maintenance
Un recycleur demande davantage d’entretien qu’un équipement de plongée loisir classique.
Après chaque plongée, il est généralement nécessaire de :
- démonter la boucle respiratoire ;
- rincer les composants ;
- désinfecter les parties respiratoires ;
- contrôler les joints ;
- faire sécher les éléments ;
- vérifier les cellules et l’électronique ;
- préparer la machine pour la plongée suivante.
Selon les fabricants, certaines révisions complètes doivent également être réalisées à intervalles réguliers.
Les principales dépenses annuelles
| Dépense | Fréquence | Commentaires |
|---|---|---|
| Chaux sodée | Très régulière | Principal consommable d’un CCR. |
| Cellules O₂ | Périodique | Remplacement préventif recommandé tous les ans. |
| Batteries | Périodique | Dépend du modèle utilisé. |
| Joints | Occasionnelle | Faible coût mais entretien indispensable. |
| Désinfectant | Régulier | Hygiène de la boucle respiratoire. |
| Révision constructeur | Selon fabricant | À respecter selon les préconisations officielles. |
| Oxygène | Régulier | Environ toutes les plongées |
| Hélium | Variable | Économie importante par rapport au circuit ouvert. |
En résumé
Le coût d’un recycleur ne doit jamais être évalué uniquement à partir de son prix d’achat.
Il faut également intégrer la formation, les consommables, l’entretien, les révisions et le temps consacré à la préparation de la machine.
En contrepartie, un CCR offre une autonomie exceptionnelle, une consommation de gaz extrêmement faible, un confort respiratoire incomparable et ouvre l’accès à des plongées qui seraient beaucoup plus complexes en circuit ouvert.
Conseil d’instructeur : Le meilleur moyen de réduire le coût d’un recycleur n’est pas d’acheter la machine la moins chère, mais de choisir un modèle adapté à votre pratique, bien entretenu et utilisé régulièrement. Un CCR qui plonge souvent coûtera généralement moins cher par heure d’utilisation qu’une machine qui reste plusieurs mois dans un placard.
La maintenance d’un recycleur
Si la plongée en recycleur demande davantage de préparation que la plongée en circuit ouvert, ce n’est pas parce que la machine est compliquée. C’est parce qu’elle demande une véritable discipline.
Un recycleur bien entretenu est généralement extrêmement fiable. À l’inverse, la majorité des incidents rencontrés en CCR proviennent d’une erreur humaine :
- joint oublié ;
- scrubber mal rempli ;
- cellules non vérifiées ;
- mauvaise préparation ;
- check-list incomplète ;
- entretien négligé.
C’est pourquoi les meilleurs plongeurs CCR ne sont pas forcément ceux qui possèdent la machine la plus récente. Ce sont ceux qui appliquent toujours la même méthode, sans jamais brûler une étape.
Pourquoi la maintenance est-elle si importante ?
Contrairement à un détendeur classique, un recycleur est un système respiratoire fermé.
Tout ce qui se trouve à l’intérieur de la boucle respiratoire sera respiré pendant plusieurs heures.
Une boucle mal nettoyée peut favoriser :
- le développement de bactéries ;
- les moisissures ;
- les mauvaises odeurs ;
- la dégradation des composants ;
- une usure prématurée des joints.
Un entretien régulier garantit non seulement la fiabilité mécanique de la machine, mais aussi l’hygiène de la respiration.
Après chaque plongée
Une fois la plongée terminée, plusieurs opérations doivent être réalisées avant de ranger la machine.
| Élément | Action recommandée |
|---|---|
| Boucle respiratoire | Rincer soigneusement à l’eau douce. |
| Embout DSV ou BOV | Nettoyer puis désinfecter régulièrement. |
| Faux poumons | Vider complètement l’eau éventuelle. |
| Tuyaux respiratoires | Rincer puis laisser sécher ouverts. |
| Canister | Contrôler la durée d’utilisation restante de la chaux. |
| Électronique | Essuyer soigneusement les connecteurs. |
| Joints toriques | Inspection visuelle. |
Le nettoyage de la boucle respiratoire

La boucle respiratoire est la partie la plus sensible d’un recycleur.
Elle doit être rincée à l’eau douce après chaque utilisation, puis désinfectée régulièrement à l’aide d’un produit compatible avec les recommandations du fabricant.
Il est important de ne jamais utiliser de produits agressifs susceptibles d’endommager les matériaux ou les membranes.
Une fois nettoyés, les éléments doivent sécher complètement avant d’être remontés.
Conseil : Ne rangez jamais une boucle humide dans un sac fermé. L’humidité favorise rapidement le développement de bactéries et de moisissures.
Le scrubber

Le scrubber est souvent considéré comme le cœur du recycleur.
Son remplissage doit toujours être réalisé conformément aux recommandations du fabricant.
Une mauvaise technique de remplissage peut provoquer la formation de canaux préférentiels (« channeling »), réduisant fortement l’efficacité de la chaux.
Il est recommandé de :
- respecter la granulométrie recommandée ;
- verser progressivement la chaux ;
- tapoter légèrement le canister pendant le remplissage lorsque le fabricant le recommande ;
- ne jamais tasser excessivement la chaux ;
- respecter le volume indiqué.
Erreur fréquente : Chercher à mettre davantage de chaux que prévu en la comprimant fortement. Cela augmente les résistances respiratoires et peut favoriser un mauvais fonctionnement du scrubber.
Les cellules d’oxygène

Les cellules sont des consommables.
Même lorsqu’elles semblent fonctionner normalement, elles vieillissent naturellement.
Avant chaque plongée, il convient de vérifier :
- leur calibration ;
- leur stabilité ;
- leur vitesse de réponse ;
- leur cohérence entre elles.
Une cellule présentant un comportement anormal doit être remplacée immédiatement.
Les joints toriques

Les joints sont responsables de l’étanchéité de la machine.
Avant chaque montage, ils doivent être inspectés.
Ils doivent être :
- propres ;
- sans coupure ;
- sans écrasement ;
- correctement lubrifiés lorsque le fabricant le recommande.
Un joint coûte quelques centimes. Une fuite peut mettre fin à une plongée.
Le stockage
Lorsque le recycleur n’est pas utilisé pendant plusieurs semaines, quelques précautions permettent d’augmenter sa durée de vie.
- Stocker la machine dans un endroit sec.
- Éviter les fortes chaleurs.
- Retirer la chaux si elle ne sera pas réutilisée.
- Laisser la boucle parfaitement sèche.
- Retirer les batteries si le fabricant le recommande.
- Protéger les connecteurs électroniques.
Les révisions constructeur
La plupart des fabricants recommandent des révisions périodiques.
Selon les modèles, celles-ci peuvent concerner :
- les électrovannes ;
- les détendeurs intégrés ;
- les ADV ;
- les MAV ;
- les clapets anti-retour ;
- les faux poumons ;
- les connecteurs électroniques.
Même lorsqu’une machine semble parfaitement fonctionner, ces contrôles permettent souvent de détecter une usure invisible.
Les erreurs de maintenance les plus fréquentes
| Erreur | Conséquence possible |
|---|---|
| Scrubber mal rempli | Canalisation de la chaux, absorption réduite du CO₂. |
| Joint oublié | Fuite de la boucle respiratoire. |
| Boucle rangée humide | Bactéries et moisissures. |
| Cellules non vérifiées | Lecture erronée de la PPO₂. |
| Connecteurs mal séchés | Corrosion. |
| Check-list incomplète | Oubli d’un élément critique. |
| Batteries insuffisamment chargées | Perte de certaines fonctions électroniques. |
En résumé
Un recycleur ne demande pas une maintenance compliquée. Il demande une maintenance rigoureuse.
Les meilleures habitudes sont les plus simples :
- toujours suivre la même procédure ;
- ne jamais sauter une étape ;
- utiliser une check-list ;
- remplacer les consommables avant qu’ils ne deviennent un problème ;
- prendre soin de sa machine comme d’un équipement de survie.
Conseil d’instructeur : La plupart des accidents en recycleur ne sont pas liés à une panne mécanique spectaculaire. Ils trouvent leur origine dans une petite erreur de préparation ou une étape oubliée. Une maintenance méthodique et une check-list systématique restent les meilleurs outils de prévention.
Préparer son recycleur avant la plongée
Si vous demandez à dix instructeurs CCR quel est le meilleur moyen d’améliorer la sécurité d’un plongeur recycleur, la majorité vous donnera exactement la même réponse :
Ne jamais négliger la préparation de la machine.
Contrairement au circuit ouvert, un recycleur ne s’utilise jamais « à la dernière minute ». Chaque plongée commence bien avant de mettre une palme dans l’eau.
Une préparation méthodique permet d’éviter la majorité des incidents rencontrés en recycleur. À l’inverse, vouloir gagner cinq minutes en sautant une étape peut avoir des conséquences importantes sous l’eau.
La règle est simple :
Toujours suivre exactement la même procédure.
Les meilleurs plongeurs recycleur ne sont pas ceux qui vont le plus vite. Ce sont ceux qui ne changent jamais leur routine.
Préparer son espace de travail
Avant même de toucher au recycleur, prenez quelques minutes pour préparer votre espace de travail.
Une machine montée dans le calme présente beaucoup moins de risques d’erreur qu’une machine préparée dans la précipitation au milieu d’un pont de bateau agité.
- Choisissez un endroit propre.
- Évitez le sable.
- Évitez la pluie.
- Évitez les distractions.
- Préparez tout le matériel avant de commencer.
Conseil : Si vous êtes interrompu pendant le montage, reprenez la procédure au début de l’étape concernée. Ne supposez jamais que vous vous souvenez de ce que vous avez déjà fait.
Étape 1 : inspection générale
Avant le moindre montage, prenez quelques minutes pour observer votre machine.
Cherchez notamment :
- des fissures ;
- des flexibles pincés ;
- des faux poumons endommagés ;
- des vis desserrées ;
- des connecteurs sales ;
- des traces d’humidité inhabituelles ;
- des joints oubliés.
Cette inspection visuelle dure moins d’une minute mais permet souvent d’éviter une plongée annulée quelques heures plus tard.
Étape 2 : le scrubber
Le scrubber est probablement l’élément le plus critique d’un recycleur.
Un scrubber mal rempli ne pardonne pas.
Respectez toujours la méthode décrite par le fabricant.
- utiliser uniquement la chaux recommandée ;
- respecter la granulométrie ;
- remplir progressivement ;
- tapoter le canister uniquement si le fabricant le recommande ;
- ne jamais comprimer excessivement la chaux ;
- respecter le poids ou le volume indiqué.
Erreur fréquente : Chercher à mettre davantage de chaux que prévu. Un scrubber trop tassé augmente le travail respiratoire (WOB) et peut favoriser le phénomène de channeling.
Étape 3 : montage de la boucle
Montez ensuite la boucle respiratoire en suivant exactement la procédure du constructeur.
Chaque raccord doit être vérifié visuellement.
Profitez-en pour inspecter les joints toriques.
- absence de coupure ;
- absence d’écrasement ;
- absence de poussière ;
- bonne lubrification lorsque le constructeur le recommande.
Étape 4 : les cellules d’oxygène
Les cellules doivent être inspectées avant chaque plongée.
Vérifiez notamment :
- leur date d’installation ;
- leur réponse lors de la calibration ;
- leur stabilité ;
- leur cohérence entre elles ;
- l’absence d’écart anormal.
Une cellule douteuse ne doit jamais être ignorée.
Étape 5 : calibration
Une fois les cellules installées, la calibration peut être réalisée conformément aux recommandations du fabricant.
Respectez toujours :
- la procédure officielle ;
- les conditions de calibration ;
- les gaz recommandés ;
- les limites de température éventuelles.
Important : Ne cherchez jamais à « faire accepter » une cellule qui refuse de calibrer correctement. Une mauvaise calibration ne devient jamais bonne sous l’eau.
Étape 6 : analyse des gaz
Chaque bouteille doit être analysée avant la plongée.
Ne faites jamais confiance à une étiquette.
- analyse de l’oxygène ;
- analyse du diluant ;
- vérification de la pression ;
- confirmation avec le plan de plongée.
Inscrivez toujours les résultats sur la bouteille lorsque cela est possible.
Étape 7 : test d’étanchéité
Les deux tests d’étanchéité sont indispensables.
Positive Pressure Test
Il permet de vérifier qu’aucune fuite importante n’est présente lorsque la boucle est en légère surpression.
Negative Pressure Test
Il permet de contrôler l’étanchéité générale de la boucle en dépression.
Une machine qui échoue à un test d’étanchéité ne plonge pas.
Étape 8 : contrôle des injections
Avant la mise à l’eau, vérifiez le fonctionnement de tous les systèmes d’injection.
- MAV oxygène ;
- MAV diluant ;
- ADV ;
- solenoid (sur eCCR) ;
- débit mass-flow (sur mCCR).
Étape 9 : contrôle du DSV ou du BOV
Le DSV ou le BOV doit fonctionner parfaitement.
- rotation libre ;
- fermeture correcte ;
- absence de fuite ;
- bascule rapide vers le circuit ouvert pour un BOV.
Étape 10 : Pré-breathe
Avant chaque plongée, la plupart des fabricants recommandent un pré-breathe permettant de vérifier le fonctionnement général de la machine.
Pendant cette période, le plongeur surveille notamment :
- la stabilité de la PPO₂ ;
- le comportement des cellules ;
- le fonctionnement des injections ;
- les alarmes ;
- le confort respiratoire.
Le pré-breathe ne remplace jamais les autres contrôles. Il constitue simplement une vérification supplémentaire.
Check-list finale avant la mise à l’eau
| Élément | Contrôlé |
|---|---|
| Scrubber rempli correctement | ☐ |
| Cellules vérifiées | ☐ |
| Calibration effectuée | ☐ |
| Analyse des gaz réalisée | ☐ |
| Pressions contrôlées | ☐ |
| Positive Pressure Test | ☐ |
| Negative Pressure Test | ☐ |
| MAV vérifiées | ☐ |
| ADV vérifié | ☐ |
| DSV/BOV contrôlé | ☐ |
| Ordinateurs CCR opérationnels | ☐ |
| Batteries suffisantes | ☐ |
| Pré-breathe effectué | ☐ |
| Bail-out vérifié | ☐ |
| Plan de plongée confirmé | ☐ |
Conseil d’instructeur : Une check-list n’est pas destinée aux débutants. Les meilleurs plongeurs techniques du monde utilisent des check-lists à chaque plongée. Elles permettent de compenser les oublis liés à la fatigue, au stress ou aux distractions, et constituent l’un des outils les plus efficaces pour améliorer la sécurité en CCR.
Les erreurs les plus fréquentes en recycleur
Lorsque l’on interroge des instructeurs CCR expérimentés ou que l’on analyse les rapports d’accidents, un constat revient systématiquement :
La majorité des incidents ne sont pas dus à une défaillance de la machine, mais à une erreur humaine.
Les recycleurs modernes sont extrêmement fiables lorsqu’ils sont correctement entretenus. En revanche, ils ne pardonnent pas toujours les oublis, les raccourcis ou l’excès de confiance.
Ce chapitre n’a pas pour objectif de faire peur. Au contraire. Il vise à identifier les erreurs les plus fréquentes afin de ne jamais les reproduire.
Erreur n°1 : Ne pas utiliser de check-list
Après plusieurs centaines de plongées CCR, certains plongeurs pensent connaître leur machine par cœur. Ils commencent alors à préparer leur recycleur de mémoire.
C’est précisément à ce moment que les oublis apparaissent.
Une check-list n’est pas faite pour les débutants. Elle est faite pour éviter que le cerveau oublie une étape lorsqu’il est fatigué, distrait ou interrompu.
Conseil : Les pilotes de ligne utilisent une check-list après des milliers d’heures de vol. Les meilleurs plongeurs CCR devraient faire exactement la même chose.
Erreur n°2 : Faire confiance aveuglément à l’électronique
Un contrôleur électronique est un outil. Ce n’est jamais une garantie de sécurité.
Même sur un eCCR moderne, le plongeur reste responsable de la surveillance permanente de sa PPO₂.
Les cellules peuvent dériver. Une électrovanne peut se bloquer. Une batterie peut tomber en panne.
L’électronique aide le plongeur. Elle ne remplace jamais son jugement.
Erreur n°3 : Négliger les cellules O₂
Les cellules galvaniques sont des consommables.
Le fait qu’elles affichent une valeur correcte au repos ne signifie pas qu’elles réagiront correctement sous l’eau.
Une cellule lente ou instable peut fournir une information trompeuse alors que tout semble fonctionner normalement.
Une calibration correcte ne dispense jamais de contrôler la cohérence des trois cellules.
Erreur n°4 : Mal remplir le scrubber
Le scrubber est probablement l’élément le plus critique du recycleur.
Une mauvaise technique de remplissage peut créer des passages préférentiels appelés channeling.
Le gaz contourne alors une partie de la chaux, ce qui réduit fortement la capacité d’absorption du CO₂.
Respecter la méthode du fabricant est donc indispensable.
Erreur n°5 : Vouloir aller trop vite
La plupart des oublis surviennent lorsque le plongeur est pressé.
Départ du bateau. Amis déjà équipés. Horaire serré. Briefing qui commence.
Toutes ces situations augmentent la pression psychologique.
Or un recycleur n’aime pas la précipitation.
Règle simple : Une minute gagnée avant la plongée peut coûter plusieurs heures de problèmes sous l’eau.
Erreur n°6 : Ne pas s’entraîner aux procédures d’urgence
Beaucoup de plongeurs connaissent parfaitement les procédures… sur le papier.
Mais combien s’entraînent réellement à :
- passer sur le bail-out ;
- fermer le DSV ;
- gérer une hypoxie ;
- gérer une hyperoxie ;
- isoler une fuite ;
- terminer une plongée sur bail-out ?
Une procédure rarement répétée devient rapidement difficile à exécuter sous stress.
Erreur n°7 : Modifier sa configuration avant une plongée importante
Changer un flexible. Ajouter un nouvel ordinateur. Déplacer un détendeur. Modifier le lestage. Installer un nouveau BOV.
Toutes ces modifications devraient toujours être testées lors d’une plongée simple avant d’être utilisées dans une exploration engagée.
Une machine familière est toujours préférable à une machine « améliorée » la veille d’une expédition.
Erreur n°8 : Sous-estimer la fatigue
La fatigue influence directement la qualité de la préparation.
Après plusieurs jours d’exploration ou de formation intensive, il devient beaucoup plus facile d’oublier une étape.
C’est précisément dans ces moments que la discipline devient essentielle.
Erreur n°9 : Oublier que le CCR est un système
Un recycleur n’est pas seulement une machine.
C’est un ensemble comprenant :
- la machine ;
- les bouteilles ;
- les détendeurs ;
- les ordinateurs ;
- le bail-out ;
- le plongeur.
Tous ces éléments doivent fonctionner ensemble.
Le meilleur recycleur du monde ne compensera jamais un mauvais plan de plongée ou une mauvaise préparation.
Erreur n°10 : Arrêter d’apprendre
Le plus grand danger en plongée technique est souvent invisible.
Il apparaît lorsque le plongeur pense avoir tout vu.
Chaque plongée permet d’apprendre quelque chose.
Même après plusieurs centaines d’heures sur une machine, il reste toujours possible d’améliorer sa préparation, son organisation ou ses procédures.
Résumé des erreurs les plus fréquentes
| Erreur | Conséquence potentielle | Prévention |
|---|---|---|
| Pas de check-list | Oubli d’une étape critique | Utiliser systématiquement une check-list |
| Confiance excessive dans l’électronique | Mauvaise interprétation de la PPO₂ | Surveiller en permanence les cellules et les contrôleurs |
| Scrubber mal rempli | Absorption insuffisante du CO₂ | Respecter scrupuleusement la méthode du fabricant |
| Cellules vieillissantes | Lecture erronée de la PPO₂ | Contrôle régulier et remplacement préventif |
| Précipitation | Erreurs de préparation | Préparer la machine sans stress ni interruption |
| Absence d’entraînement | Réactions inadaptées sous stress | Pratiquer régulièrement les procédures d’urgence |
| Modification de dernière minute | Configuration non maîtrisée | Tester toute modification avant une plongée engagée |
| Fatigue | Perte de concentration | Respecter ses limites et maintenir sa routine |
| Vision centrée sur la machine | Oubli du système global | Toujours raisonner en termes de système complet |
| Excès de confiance | Baisse de vigilance | Continuer à apprendre et à remettre ses habitudes en question |
Conseil d’instructeur : En recycleur, la meilleure sécurité ne vient pas d’une machine plus sophistiquée. Elle vient d’une routine parfaitement maîtrisée, répétée à chaque plongée sans exception. Les plongeurs les plus expérimentés sont souvent ceux qui restent les plus humbles face à leur équipement.
Quel recycleur choisir selon votre type de plongée ?
Après avoir découvert les différentes architectures, les philosophies de fonctionnement et les principaux modèles du marché, une question demeure :
Quel recycleur est réellement fait pour moi ?
La réponse dépend beaucoup moins de la marque que de votre façon de plonger.
Le meilleur recycleur n’est pas celui qui possède le plus d’options. C’est celui qui correspond à vos plongées, à votre environnement, à votre expérience et à vos objectifs futurs.
Profil n°1 : Je plonge principalement en cénotes

Les cénotes présentent plusieurs particularités :
- longues marches d’approche ;
- mise à l’eau parfois difficile ;
- portage important ;
- galeries parfois étroites ;
- configuration sidemount très répandue.
Le poids et la compacité deviennent rapidement des critères essentiels.
Machines particulièrement adaptées
- Triton mCCR
- KISS Sidewinder
- Fathom Gemini
- Chest Mount O2ptima
Mon avis : Pour les cénotes de la Riviera Maya, la compacité d’un recycleur ventral ou sidemount représente un véritable avantage, notamment lors des longues marches d’approche ou des plongées nécessitant plusieurs bouteilles de bail-out.
Profil n°2 : Je fais principalement du Trimix profond

Les plongées profondes privilégient généralement :
- une excellente stabilité ;
- une grande autonomie ;
- une capacité importante en chaux ;
- une électronique robuste ;
- une gestion confortable des longues décompressions.
Machines particulièrement adaptées
- JJ-CCR
- rEvo III
- X-CCR
- AP Inspiration
Mon avis : Pour les plongées Trimix profondes, les recycleurs dorsaux restent aujourd’hui les machines les plus répandues. Leur stabilité, leur autonomie et leur capacité à gérer des profils complexes en font d’excellentes plateformes pour les explorations engagées.
Profil n°3 : Je voyage souvent

Pour un plongeur voyageur, le poids devient rapidement une contrainte.
Les compagnies aériennes imposent des limites de bagages qui rendent parfois difficile le transport d’un recycleur dorsal complet.
Dans ce contexte, une machine compacte présente un avantage évident.
Machines particulièrement adaptées
- Triton mCCR
- Chest Mount O2ptima
- rEvo Micro FT
Conseil : Avant d’acheter un recycleur destiné au voyage, comparez toujours le poids total de votre configuration complète, et pas uniquement celui de la machine seule.
Profil n°4 : Je plonge principalement sur épaves

Les plongées sur épaves demandent généralement :
- une excellente stabilité ;
- une bonne gestion des bail-out ;
- un accès facile aux robinets ;
- une configuration robuste.
Machines particulièrement adaptées
- JJ-CCR
- rEvo
- X-CCR
- Liberty CCR
Pour les pénétrations complexes, certains plongeurs préfèrent néanmoins des configurations plus compactes.
Profil n°5 : Je souhaite débuter en CCR

Un premier recycleur doit avant tout être :
- fiable ;
- simple à comprendre ;
- facile à entretenir ;
- bien représenté dans votre région ;
- enseigné par un instructeur expérimenté.
Le choix du formateur est souvent plus important que celui de la machine.
Conseil d’instructeur : Choisissez d’abord un instructeur avec lequel vous avez confiance. Ensuite seulement, choisissez la machine qu’il maîtrise réellement.
Profil n°6 : Je veux évoluer vers la plongée souterraine

Si votre objectif à moyen terme est la plongée en grotte, il peut être intéressant d’anticiper dès le départ le type de configuration que vous utiliserez plus tard.
Passer d’un recycleur dorsal à un recycleur sidemount après plusieurs centaines d’heures de plongée représente une véritable phase d’adaptation.
Machines particulièrement adaptées
- KISS Sidewinder
- Fathom Gemini
- Triton mCCR
- Chest Mount O2ptima
Profil n°7 : Je veux une machine facile à entretenir
Tous les recycleurs demandent une maintenance rigoureuse. Cependant, certaines architectures sont plus simples à démonter, nettoyer ou transporter que d’autres.
Le temps consacré à l’entretien peut devenir un critère important pour un plongeur qui voyage beaucoup ou réalise plusieurs plongées par semaine.
Machines souvent appréciées pour leur simplicité
- Triton mCCR
- KISS Sidewinder
- Chest Mount O2ptima
Profil n°8 : Je recherche le meilleur rapport qualité/prix
Le meilleur rapport qualité/prix ne correspond pas forcément au recycleur le moins cher.
Il faut également prendre en compte :
- la disponibilité des pièces ;
- la valeur de revente ;
- le coût des consommables ;
- la facilité de maintenance ;
- la présence d’instructeurs près de chez vous.
Une machine légèrement plus chère mais très bien suivie localement peut finalement coûter moins cher sur plusieurs années.
Quel profil correspond au vôtre ?
| Votre priorité | Machines souvent recommandées |
|---|---|
| Cénotes | Triton • Sidewinder • Gemini • Choptima |
| Voyage | Triton • Choptima • rEvo Micro FT |
| Trimix profond | JJ-CCR • rEvo • X-CCR |
| Épaves | JJ-CCR • rEvo • Liberty CCR |
| Débuter en CCR | Choisissez d’abord votre instructeur, puis la machine qu’il maîtrise. |
| Grotte | Sidewinder • Gemini • Triton • Choptima |
| Maintenance simple | Triton • Sidewinder • Choptima |
| Polyvalence | rEvo • JJ-CCR • Choptima |
Le véritable critère de choix
Après plusieurs années d’enseignement et de plongée technique, j’en suis arrivé à une conclusion simple :
Le meilleur recycleur est celui que vous connaîtrez parfaitement.
Une machine extrêmement sophistiquée ne remplacera jamais une excellente maîtrise des procédures.
À l’inverse, un recycleur plus simple, parfaitement entretenu et utilisé régulièrement, offrira souvent davantage de sécurité qu’une machine très complexe dont le plongeur ne maîtrise qu’une partie des fonctionnalités.
Conseil d’instructeur : Ne choisissez jamais un recycleur uniquement parce qu’il est à la mode ou parce qu’un plongeur célèbre l’utilise. Choisissez une machine adaptée à votre pratique, disponible dans votre région, enseignée par un instructeur compétent et que vous aurez plaisir à utiliser pendant de nombreuses années.
Chapitre 2 — Comment fonctionne réellement un recycleur CCR ?
Avant de choisir un recycleur, il est indispensable de comprendre ce qui se passe à l’intérieur de la machine.
Un CCR n’est pas simplement un détendeur plus évolué. C’est un système respiratoire complet qui recycle le gaz expiré, élimine le dioxyde de carbone et maintient une quantité d’oxygène respirable dans la boucle.
Son fonctionnement repose sur trois principes fondamentaux :
- éliminer le CO₂ ;
- remplacer l’oxygène consommé ;
- permettre au plongeur de respirer à nouveau le gaz recyclé.
La boucle respiratoire

La boucle respiratoire est le circuit fermé dans lequel circule le gaz respiré par le plongeur.
Elle comprend généralement :
- un embout respiratoire, appelé DSV ou BOV ;
- des tuyaux annelés ;
- des faux poumons ;
- un scrubber rempli de chaux sodée ;
- des cellules oxygène ;
- des systèmes d’injection d’oxygène et de diluant.
Lorsque le plongeur expire, le gaz ne part pas dans l’eau. Il reste dans la boucle, traverse le scrubber, puis revient vers le plongeur après avoir été corrigé en oxygène.
Le scrubber : éliminer le dioxyde de carbone

Le plongeur consomme de l’oxygène, mais il produit aussi du dioxyde de carbone, ou CO₂.
Dans un circuit ouvert, ce CO₂ est rejeté à chaque expiration. En recycleur, il doit être éliminé chimiquement.
C’est le rôle du scrubber.
Le scrubber contient de la chaux sodée, un absorbant chimique qui fixe le CO₂ présent dans le gaz expiré.
Si le scrubber est correctement rempli et utilisé dans ses limites, le gaz qui ressort contient beaucoup moins de CO₂ et peut être respiré à nouveau.
À retenir :
Le scrubber ne produit pas d’oxygène. Il élimine le CO₂. C’est une différence essentielle à comprendre.
La PPO₂ : le paramètre central du CCR
La PPO₂, ou pression partielle d’oxygène, indique la quantité d’oxygène réellement disponible dans le gaz respiré à une profondeur donnée.
En CCR, la PPO₂ est le paramètre que le plongeur doit surveiller en permanence.
Trop basse, elle expose au risque d’hypoxie.
Trop élevée, elle augmente le risque d’hyperoxie.
Le recycleur doit donc maintenir la PPO₂ dans une zone adaptée au profil de plongée.
Pourquoi la PPO₂ change-t-elle ?
La PPO₂ varie principalement à cause de trois phénomènes :
- le plongeur consomme de l’oxygène ;
- la profondeur change ;
- de l’oxygène ou du diluant est ajouté dans la boucle.
C’est pour cette raison qu’un plongeur CCR doit comprendre les variations de PPO₂, et pas seulement regarder un chiffre affiché sur un ordinateur.
Les cellules oxygène

Les cellules oxygène mesurent la PPO₂ dans la boucle respiratoire.
La plupart des recycleurs modernes utilisent trois cellules galvaniques afin de comparer les lectures entre elles.
Ces cellules permettent au plongeur, ou au contrôleur électronique, de savoir si la boucle contient trop, pas assez ou suffisamment d’oxygène.
Elles sont indispensables, mais elles ne sont pas éternelles.
Une cellule peut vieillir, devenir lente, dériver ou donner une lecture incohérente.
Point technique :
La calibration ne rend pas une cellule fiable. Elle permet seulement d’ajuster sa lecture à un moment donné. Une cellule lente, instable ou incohérente doit être remplacée.
L’oxygène : remplacer ce que le plongeur consomme
À chaque respiration, le corps consomme une petite quantité d’oxygène.
Le recycleur doit donc remplacer cet oxygène afin que la PPO₂ reste dans une zone respirable.
Selon la machine, l’ajout d’oxygène peut être :
- manuel ;
- automatique ;
- ou mixte.
Sur un mCCR, le plongeur ajoute l’oxygène principalement à l’aide d’une commande manuelle.
Sur un eCCR, une électronique pilote une électrovanne qui injecte l’oxygène lorsque la PPO₂ descend sous la consigne choisie.
Le diluant : équilibrer la boucle
Le diluant est le gaz utilisé pour remplir ou équilibrer le volume de la boucle, notamment lors de la descente.
Il peut s’agir d’air, de Nitrox ou de Trimix selon la profondeur et la planification.
Le diluant sert notamment à :
- compenser la compression de la boucle à la descente ;
- rincer la boucle ;
- gérer certaines situations anormales ;
- maintenir un volume respiratoire confortable.
Le choix du diluant doit toujours être cohérent avec la profondeur maximale prévue.
MAV, ADV, DSV et BOV : comprendre les acronymes
Le monde du CCR utilise beaucoup d’acronymes. Les comprendre permet de mieux analyser les différences entre les machines.
| Acronyme | Signification | Rôle |
|---|---|---|
| MAV | Manual Add Valve | Permet d’ajouter manuellement de l’oxygène ou du diluant dans la boucle. |
| ADV | Automatic Diluent Valve | Ajoute automatiquement du diluant lorsque le volume de la boucle diminue, surtout à la descente. |
| DSV | Dive Surface Valve | Embout permettant de respirer sur la boucle et de la fermer en surface ou en cas de retrait de la bouche. |
| BOV | Bail-Out Valve | Embout permettant de passer rapidement de la boucle CCR au circuit ouvert de secours. |
| HUD | Head-Up Display | Système visuel permettant d’afficher des informations importantes, souvent liées à la PPO₂. |
Le faux poumon : confort respiratoire et positionnement

Les faux poumons servent de volume tampon dans la boucle respiratoire.
Ils peuvent être placés sur la poitrine, dans le dos, sur les côtés ou intégrés à la machine selon l’architecture du recycleur.
Leur position influence :
- le confort respiratoire ;
- le travail respiratoire, ou WOB ;
- le trim ;
- l’encombrement ;
- la facilité de déplacement dans les restrictions.
Deux machines ayant le même volume de chaux et le même type de contrôle PPO₂ peuvent donc offrir une sensation respiratoire très différente.
Le WOB : Work Of Breathing
Le WOB, ou Work Of Breathing, désigne l’effort nécessaire pour respirer dans la machine.
Il dépend notamment :
- du design de la boucle ;
- du diamètre et de la longueur des tuyaux ;
- du type de scrubber ;
- de la position des faux poumons ;
- de la position du plongeur dans l’eau ;
- de la densité du gaz respiré en profondeur.
Un mauvais WOB augmente la fatigue et peut favoriser la rétention de CO₂, surtout lors d’un effort ou d’une plongée profonde.
C’est l’un des critères les plus importants, mais aussi l’un des plus difficiles à évaluer uniquement sur une fiche technique.
À retenir :
Le WOB ne se résume pas à une valeur annoncée par un fabricant. Il se ressent dans l’eau, dans une configuration réelle, avec le bon gaz, la bonne position et le bon niveau d’effort.
Le fonctionnement complet en résumé
| Étape | Ce qui se passe | Élément concerné |
|---|---|---|
| Expiration | Le gaz expiré reste dans la boucle. | DSV/BOV, tuyaux, faux poumons |
| Élimination du CO₂ | La chaux sodée absorbe le dioxyde de carbone. | Scrubber |
| Mesure de l’oxygène | Les cellules mesurent la PPO₂. | Cellules O₂ |
| Correction de la boucle | De l’oxygène ou du diluant est ajouté si nécessaire. | MAV, ADV, solenoid |
| Inspiration | Le plongeur respire à nouveau un gaz corrigé. | Boucle respiratoire |
Transition vers le chapitre suivant
Maintenant que le fonctionnement général est clair, il devient plus facile de comprendre les trois grandes philosophies de pilotage d’un CCR.
Le chapitre suivant comparera les recycleurs manuels, électroniques et hybrides, afin de comprendre ce que chaque approche implique réellement pour le plongeur.
Chapitre 3 — mCCR, eCCR et hCCR : comprendre les différentes philosophies
Tous les recycleurs poursuivent le même objectif : maintenir une quantité d’oxygène suffisante dans la boucle respiratoire. En revanche, ils n’utilisent pas tous la même méthode pour y parvenir.
Aujourd’hui, on distingue trois grandes familles de recycleurs :
- les mCCR (Manual Closed Circuit Rebreather) ;
- les eCCR (Electronic Closed Circuit Rebreather) ;
- les hCCR (Hybrid Closed Circuit Rebreather).
Comprendre ces trois philosophies est beaucoup plus important que de comparer directement les marques. Deux recycleurs très différents peuvent en effet appartenir à la même famille et partager la même logique de fonctionnement.
Le mCCR : le pilote, c’est vous
Sur un recycleur manuel, le plongeur contrôle lui-même la quantité d’oxygène présente dans la boucle.
La machine ne décide rien. Elle fournit simplement les informations nécessaires grâce aux cellules d’oxygène et aux ordinateurs.
Lorsque la PPO₂ diminue, le plongeur ajoute de l’oxygène à l’aide de la MAV (Manual Add Valve).
La qualité de la plongée dépend donc directement de la capacité du plongeur à anticiper les variations de PPO₂.
Les avantages du mCCR
- Architecture simple.
- Très peu d’électronique.
- Maintenance généralement plus facile.
- Faible consommation électrique.
- Grande robustesse.
- Excellente compréhension du fonctionnement de la machine.
Les limites du mCCR
- Surveillance permanente de la PPO₂.
- Charge de travail plus importante.
- Formation exigeante.
- Demande davantage d’expérience lors des plongées complexes.
Exemples de mCCR connus
- Triton mCCR
- KISS Sidewinder
- Fathom Gemini
- KISS Classic
Le eCCR : l’assistance électronique
Sur un recycleur électronique, la PPO₂ est surveillée en permanence par un contrôleur.
Lorsque celle-ci descend sous la consigne choisie, une électrovanne (solenoid) injecte automatiquement une petite quantité d’oxygène.
Le plongeur continue néanmoins à surveiller la PPO₂. L’électronique automatise une tâche, mais elle ne remplace jamais la vigilance du plongeur.
Les avantages du eCCR
- Charge de travail réduite.
- PPO₂ généralement très stable.
- Confort important lors des longues plongées.
- Très apprécié pour les plongées profondes.
- Automatisation des injections d’oxygène.
Les limites du eCCR
- Électronique plus complexe.
- Dépendance aux batteries.
- Maintenance parfois plus importante.
- Coût généralement plus élevé.
Exemples de eCCR connus
- JJ-CCR
- Chest Mount O2ptima (Choptima)
- X-CCR
- Liberty CCR
- AP Inspiration
Le hCCR : le compromis
Les recycleurs hybrides cherchent à combiner les avantages des deux philosophies précédentes.
Selon les fabricants, l’électronique peut assister le plongeur sans assurer entièrement le contrôle de la PPO₂.
Le principe reste le même :
- le plongeur garde la maîtrise de sa machine ;
- l’assistance électronique réduit certaines tâches répétitives ;
- les procédures manuelles restent indispensables.
Chaque constructeur possède sa propre interprétation du concept hybride. Il est donc essentiel de bien comprendre le fonctionnement spécifique de la machine choisie.
Exemple Le rEvo est disponible selon différentes configurations (mCCR, hCCR ou eCCR selon les versions et les options choisies).
Le rôle du plongeur reste identique
Une idée reçue consiste à penser qu’un eCCR pilote entièrement la plongée.
En réalité, quel que soit le type de recycleur utilisé, le plongeur reste responsable de :
- la préparation de la machine ;
- la planification de la plongée ;
- la surveillance des cellules ;
- le contrôle de la PPO₂ ;
- la gestion des alarmes ;
- les procédures de secours.
Le contrôleur électronique est une aide. Il ne remplace jamais les compétences du plongeur.
Quel système est le plus sûr ?
Cette question revient régulièrement.
En réalité, il n’existe pas de réponse universelle.
Un mCCR parfaitement maîtrisé sera toujours plus sûr qu’un eCCR utilisé par un plongeur insuffisamment formé.
À l’inverse, un eCCR bien entretenu et correctement utilisé peut réduire la charge de travail du plongeur lors de longues plongées complexes.
La sécurité dépend avant tout de trois facteurs :
- la qualité de la formation ;
- la maîtrise de la machine ;
- la rigueur dans les procédures.
Comparatif des trois philosophies
| Critère | mCCR | eCCR | hCCR |
|---|---|---|---|
| Gestion de la PPO₂ | Manuelle | Automatique | Assistée |
| Électronique | Faible | Importante | Intermédiaire |
| Charge de travail | Élevée | Faible | Modérée |
| Maintenance | Simple | Plus complexe | Intermédiaire |
| Consommation électrique | Très faible | Plus importante | Modérée |
| Coût moyen | €€ | €€€ | €€€ |
| Philosophie | Le plongeur pilote | Le contrôleur assiste | Les deux travaillent ensemble |
À retenir
Choisir entre un mCCR, un eCCR ou un hCCR n’est pas une question de modernité. C’est un choix de philosophie.
Certains plongeurs apprécient la simplicité mécanique et le contrôle permanent d’un mCCR. D’autres préfèrent le confort d’un eCCR pour les longues plongées profondes. Les systèmes hybrides cherchent quant à eux à combiner ces deux approches.
Point essentiel : Aucune de ces philosophies n’est intrinsèquement supérieure aux autres. Le meilleur choix est celui qui correspond à votre pratique, à votre environnement de plongée, à votre expérience et au temps que vous êtes prêt à consacrer à l’apprentissage de votre machine.
Transition vers le chapitre suivant
Une fois la philosophie de fonctionnement choisie, il reste une autre décision fondamentale : l’architecture de la machine.
Le prochain chapitre comparera les recycleurs dorsaux, ventraux et sidemount, afin de comprendre pourquoi une même technologie peut offrir des sensations très différentes sous l’eau.
Chapitre 4 — Recycleur dorsal, ventral ou sidemount : quelle architecture choisir ?
Une fois la philosophie de fonctionnement choisie (mCCR, eCCR ou hCCR), il reste une décision tout aussi importante : l’architecture de la machine.
Aujourd’hui, les recycleurs se répartissent en trois grandes familles :
- les recycleurs dorsaux ;
- les recycleurs ventraux (Chest Mount) ;
- les recycleurs sidemount.
Contrairement à une idée reçue, aucune architecture n’est supérieure aux autres. Chacune répond simplement à des besoins différents.
Le recycleur dorsal

Le recycleur dorsal est aujourd’hui l’architecture la plus répandue dans la plongée technique. Toute la machine est installée dans le dos du plongeur, à la manière d’un bi-bouteilles.
Cette disposition procure une excellente stabilité dans l’eau et permet d’intégrer facilement de grands scrubbers, des faux poumons de volume important ainsi qu’une électronique complète.
C’est la configuration privilégiée pour les plongées profondes, les longues décompressions et les expéditions nécessitant une importante autonomie.
Ses principaux avantages
- Très bonne stabilité dans l’eau.
- Autonomie importante grâce aux grands scrubbers.
- Excellent confort sur les longues plongées.
- Très répandu dans le Trimix profond.
- Grand choix de modèles et de formations.
Ses limites
- Poids souvent important.
- Transport aérien moins pratique.
- Portage parfois difficile dans les longues marches d’approche.
- Volume dorsal important dans certaines restrictions.
Exemples de recycleurs dorsaux
- JJ-CCR
- rEvo III
- X-CCR
- AP Inspiration
- Liberty CCR
Le recycleur ventral (Chest Mount)

Le recycleur ventral place la boucle respiratoire et le scrubber devant le plongeur. Les bouteilles sont généralement installées sur les côtés ou dans le dos selon la configuration choisie.
Cette architecture est relativement récente mais connaît un développement important, notamment chez les plongeurs souterrains et les voyageurs.
Le principal intérêt est de réduire fortement le poids transporté tout en conservant une excellente accessibilité à la machine.
Ses principaux avantages
- Machine compacte.
- Poids réduit.
- Transport aérien facilité.
- Très bon accès aux composants pendant la plongée.
- Compatible avec plusieurs configurations.
Ses limites
- Volume frontal plus important.
- Peut gêner certains mouvements selon les réglages.
- Demande une bonne organisation du matériel.
Exemples de recycleurs ventraux
- Triton mCCR
- Chest Mount O2ptima (Choptima)
Le recycleur sidemount

Le recycleur sidemount est conçu pour s’intégrer directement dans une configuration latérale.
Les différents éléments sont répartis de façon à conserver un profil extrêmement fin.
Cette architecture est particulièrement appréciée dans les réseaux souterrains présentant de nombreuses restrictions ou de longues pénétrations.
Ses principaux avantages
- Profil très compact.
- Grande liberté de mouvement.
- Excellent comportement dans les restrictions.
- Très bonne répartition du poids.
- Compatible avec les techniques modernes de plongée souterraine.
Ses limites
- Configuration plus technique.
- Montage souvent plus long.
- Formation spécifique indispensable.
- Moins répandu que les recycleurs dorsaux.
Exemples de recycleurs sidemount
- KISS Sidewinder
- Fathom Gemini Gen2
Quelle architecture selon votre environnement ?
L’environnement de plongée influence fortement le choix de la machine.
| Type de plongée | Architecture généralement privilégiée | Pourquoi ? |
|---|---|---|
| Cénotes du Mexique | Ventral ou Sidemount | Portage plus facile, meilleure gestion des restrictions et des longues marches. |
| Exploration souterraine | Sidemount | Profil très compact et excellente mobilité. |
| Trimix profond | Dorsal | Grande autonomie et excellente stabilité. |
| Épaves profondes | Dorsal | Configuration robuste adaptée aux longues décompressions. |
| Voyages fréquents | Ventral | Poids réduit et transport simplifié. |
| Utilisation polyvalente | Dorsal ou Ventral | Selon les priorités du plongeur. |
Le poids : un critère souvent sous-estimé
Lorsqu’on compare deux recycleurs, on regarde souvent leur prix avant leur poids.
Pourtant, quelques kilogrammes supplémentaires peuvent faire une énorme différence lorsqu’il faut parcourir plusieurs centaines de mètres jusqu’à un cénote ou respecter une limite de bagages en avion.
Avant tout achat, comparez toujours le poids de votre configuration complète :
- machine ;
- bouteilles ;
- BOV ;
- ordinateurs ;
- bail-out ;
- accessoires.
Une machine annoncée très légère peut finalement devenir relativement lourde une fois entièrement équipée.
L’entretien selon l’architecture
| Architecture | Montage | Transport | Accès aux composants | Maintenance |
|---|---|---|---|---|
| Dorsal | ★★★★☆ | ★★☆☆☆ | ★★★☆☆ | ★★★★☆ |
| Ventral | ★★★★☆ | ★★★★★ | ★★★★★ | ★★★★☆ |
| Sidemount | ★★★☆☆ | ★★★★☆ | ★★★★★ | ★★★☆☆ |
Les idées reçues
Certaines affirmations reviennent régulièrement dans les discussions entre plongeurs techniques. Voyons ce qu’il en est réellement.
| Idée reçue | Réalité |
|---|---|
| Le dorsal est meilleur pour tout. | Chaque architecture possède un domaine d’utilisation privilégié. |
| Le sidemount est réservé aux plongeurs experts. | Il demande une formation spécifique mais devient très intuitif avec la pratique. |
| Les recycleurs ventraux gênent toujours les mouvements. | Une machine correctement réglée devient rapidement très naturelle. |
| Le plus léger est forcément le meilleur. | Le poids n’est qu’un critère parmi beaucoup d’autres. |
À retenir
Le choix d’une architecture influence votre confort bien davantage que votre profondeur maximale.
Avant de comparer les marques, demandez-vous où vous plongerez le plus souvent :
- épaves ;
- grottes ;
- cénotes ;
- voyages ;
- Trimix profond ;
- expéditions.
Votre environnement habituel orientera naturellement votre choix vers une architecture plutôt qu’une autre.
Conseil d’instructeur : Le meilleur moyen de choisir une architecture est d’essayer plusieurs machines en conditions réelles. Deux recycleurs peuvent sembler très proches sur le papier et offrir des sensations totalement différentes une fois sous l’eau.
Transition vers le chapitre suivant
Maintenant que vous comprenez les différentes architectures, il est enfin possible de comparer les machines elles-mêmes.
Le prochain chapitre analysera en détail les principaux recycleurs du marché : Triton mCCR, KISS Sidewinder, Fathom Gemini, JJ-CCR, rEvo III et Chest Mount O2ptima, avec leurs caractéristiques techniques, leurs avantages, leurs limites et les profils de plongeurs auxquels ils s’adressent.
Chapitre 5 — Comparatif des principaux recycleurs CCR
Maintenant que les grandes familles de recycleurs sont plus claires, il devient possible de comparer les machines elles-mêmes.
Ce chapitre ne cherche pas à désigner un vainqueur universel. Un recycleur peut être excellent pour la plongée souterraine, moins pratique pour voyager, très performant en profondeur mais moins agréable dans les restrictions.
L’objectif est donc de présenter chaque machine selon sa logique de conception, ses points forts, ses limites et le type de plongeur auquel elle s’adresse.
5A — Triton mCCR et KISS Sidewinder
Ces deux machines sont souvent comparées car elles intéressent particulièrement les plongeurs de grotte, de cénotes et de voyage.
Pourtant, elles reposent sur deux philosophies très différentes :
- le Triton mCCR est un recycleur ventral compact ;
- le KISS Sidewinder est un recycleur sidemount pensé pour la plongée souterraine.
Les deux peuvent être excellents, mais ils ne répondent pas exactement aux mêmes besoins.
Triton mCCR

Le Triton mCCR est un recycleur ventral développé par M3S en France.
Sa philosophie est claire : proposer une machine compacte, légère, mécanique et compatible avec plusieurs configurations de plongée.
Contrairement à un recycleur dorsal classique, le Triton se porte à l’avant du plongeur. Il peut être utilisé avec une configuration backmount, sidemount ou technique selon l’équipement choisi.
Fiche technique synthétique
| Critère | Triton mCCR |
|---|---|
| Type | mCCR |
| Architecture | Ventral / Chest Mount |
| Contrôle PPO₂ | Manuel / mécanique |
| Fabricant | M3S — France |
| Scrubber | Canister axial M |
| Capacité de chaux indiquée | 2,2 kg en configuration Tek avec canister M |
| Bouteille O₂ indiquée | 1,5 L aluminium ou 2,5 L acier selon configuration |
| Configuration | Backmount, sidemount, twinset ou configuration personnalisée |
| Prix | À vérifier selon options et distributeur |
Ce que le Triton fait très bien
- Voyage : son format compact est l’un de ses grands atouts.
- Cénotes : il est intéressant lorsque le portage et la compacité comptent vraiment.
- Polyvalence : il peut s’intégrer dans plusieurs configurations sans imposer une machine dorsale complète.
- Accessibilité : les éléments principaux sont situés devant le plongeur.
- Simplicité : sa philosophie mCCR limite la dépendance à l’électronique.
Ses limites
- Le pilotage manuel demande une vraie discipline.
- Le volume frontal doit être intégré dans le trim et les procédures.
- L’autonomie de chaux reste à comparer avec celle de machines dorsales plus volumineuses.
- Pour certaines plongées très profondes ou très longues, une architecture dorsale peut rester plus confortable.
Pour quel plongeur ?
Le Triton s’adresse particulièrement au plongeur qui recherche une machine compacte, légère, transportable et adaptable.
Il peut être très intéressant pour :
- un plongeur de cénotes ;
- un plongeur voyageur ;
- un instructeur itinérant ;
- un plongeur sidemount souhaitant conserver une configuration familière ;
- un plongeur technique qui ne veut pas systématiquement transporter une grosse machine dorsale.
Analyse :
Le Triton n’est pas simplement un “petit CCR”. C’est une machine pensée autour de la compacité et de l’adaptabilité. Son intérêt principal est de permettre au plongeur de conserver une grande liberté de configuration. En revanche, comme tout mCCR, il demande une excellente rigueur dans le contrôle de la PPO₂.
KISS Sidewinder

Le KISS Sidewinder est l’un des recycleurs sidemount les plus connus dans le monde de la plongée souterraine.
Son architecture est très différente d’un recycleur dorsal classique : les canisters sont séparés et placés de chaque côté de l’abdomen du plongeur.
Cette conception permet de conserver un profil extrêmement bas, très recherché dans les restrictions et les réseaux souterrains complexes.
Fiche technique synthétique
| Critère | KISS Sidewinder |
|---|---|
| Type | mCCR |
| Architecture | Sidemount |
| Contrôle PPO₂ | Manuel |
| Fabricant | KISS Rebreathers |
| Scrubber | Split canister / deux canisters latéraux |
| Position des canisters | De chaque côté de l’abdomen |
| Configuration | Sidemount CCR |
| Prix | À vérifier selon configuration et distributeur |
Ce que le Sidewinder fait très bien
- Plongée souterraine : son architecture est pensée pour la grotte.
- Restrictions : son profil latéral permet de rester très hydrodynamique.
- Sidemount avancé : il s’intègre naturellement dans une logique de plongée latérale.
- Mobilité : le plongeur conserve une grande liberté de mouvement.
- Redondance de conception : les canisters séparés offrent une architecture très spécifique au Sidewinder.
Ses limites
- Il demande une excellente maîtrise du sidemount.
- Il est plus spécialisé qu’un recycleur dorsal classique.
- Il peut être moins intuitif pour un plongeur venant directement du backmount.
- Le montage et l’ajustement de la configuration demandent de la méthode.
- Il n’est pas le choix le plus universel pour un plongeur qui fait surtout de la plongée bateau ou du Trimix profond en mer ouverte.
Pour quel plongeur ?
Le Sidewinder s’adresse avant tout au plongeur souterrain déjà solide en sidemount.
Il est particulièrement cohérent pour :
- un plongeur cave expérimenté ;
- un plongeur habitué aux restrictions ;
- un explorateur sidemount ;
- un plongeur qui veut conserver une architecture latérale ;
- un plongeur qui privilégie la grotte plutôt que la polyvalence générale.
Analyse :
Le Sidewinder n’est pas seulement un recycleur différent. C’est une véritable philosophie de plongée souterraine. Il peut être exceptionnel entre les mains d’un plongeur sidemount expérimenté, mais il demande une base technique solide et une formation spécifique.
Triton mCCR ou KISS Sidewinder : comment choisir ?
Ces deux machines peuvent intéresser le même type de plongeur, notamment en cénotes ou en plongée souterraine.
Mais leur logique est différente.
| Critère | Triton mCCR | KISS Sidewinder |
|---|---|---|
| Architecture | Ventral | Sidemount |
| Philosophie | Compacité et polyvalence | Spécialisation cave sidemount |
| Type de plongeur | Voyageur, instructeur, plongeur de cénotes | Plongeur cave sidemount expérimenté |
| Point fort principal | Adaptabilité | Profil en restriction |
| Limite principale | Volume frontal et pilotage mCCR | Spécialisation et exigence sidemount |
| Choix logique si… | Vous voulez une machine compacte utilisable dans plusieurs configurations. | Vous plongez principalement en grotte avec une configuration sidemount maîtrisée. |
À retenir
Le Triton et le Sidewinder ne doivent pas être vus comme deux concurrents directs.
Le Triton est une machine ventrale compacte et polyvalente. Le Sidewinder est une machine sidemount spécialisée pour la plongée souterraine.
Le bon choix dépendra donc moins de la fiche technique que de votre environnement principal de plongée.
Point essentiel :
Si votre priorité est la polyvalence, le voyage et l’intégration dans différentes configurations, le Triton est très cohérent. Si votre priorité absolue est la plongée souterraine en sidemount, le Sidewinder devient une option particulièrement logique.
Transition vers le chapitre 5B
Le chapitre suivant continuera le comparatif avec deux machines très intéressantes : le Fathom Gemini Gen2 CCR et le Chest Mount O2ptima / Choptima.
Ces deux recycleurs représentent deux approches modernes : le sidemount CCR orienté exploration pour le Gemini, et le chest mount électronique polyvalent pour le Choptima.
Chapitre 5B — Fathom Gemini Gen2 vs Chest Mount O2ptima
Depuis quelques années, une nouvelle génération de recycleurs est apparue sur le marché. L’objectif n’est plus seulement de réduire la consommation de gaz ou d’améliorer la décompression. Les fabricants cherchent désormais à proposer des machines plus compactes, plus ergonomiques et mieux adaptées aux nouvelles pratiques de la plongée technique.
Le Fathom Gemini Gen2 et le Chest Mount O2ptima illustrent parfaitement cette évolution. Même s’ils peuvent sembler proches à première vue, leur philosophie de conception est très différente.
Fathom Gemini Gen2 CCR

Développé par Fathom Dive Systems, le Gemini Gen2 est un recycleur sidemount moderne conçu principalement pour la plongée souterraine. Contrairement à de nombreux recycleurs issus de machines dorsales adaptées au sidemount, le Gemini a été pensé dès son origine comme un véritable CCR sidemount.
Toute son architecture vise à réduire l’encombrement tout en conservant un excellent équilibre sous l’eau.
Présentation générale
Le Gemini utilise deux faux poumons latéraux ainsi qu’une architecture répartissant le poids de manière très homogène. Cette conception offre une excellente liberté de mouvement et limite fortement le volume frontal du plongeur.
L’ensemble reste particulièrement adapté aux longues pénétrations en grotte où chaque centimètre gagné peut faire la différence.
Fiche technique
| Caractéristique | Fathom Gemini Gen2 |
|---|---|
| Fabricant | Fathom Dive Systems |
| Pays | États-Unis |
| Type | mCCR |
| Architecture | Sidemount |
| Contrôle PPO₂ | Manuel |
| Scrubber | Axial |
| Configuration | Sidemount CCR |
| Électronique | Optionnelle selon configuration |
| BOV | Compatible |
Les points forts
- Architecture spécifiquement développée pour le sidemount.
- Très faible encombrement.
- Excellent équilibre sous l’eau.
- Grande liberté de mouvement.
- Très adapté aux longues explorations souterraines.
- Conception moderne.
Les limites
- Machine très orientée plongée souterraine.
- Demande une bonne maîtrise du sidemount.
- Distribution encore limitée selon les pays.
- Formation spécifique indispensable.
Pour quel plongeur ?
Le Gemini conviendra particulièrement :
- aux plongeurs Full Cave ;
- aux explorateurs ;
- aux plongeurs utilisant exclusivement le sidemount ;
- aux plongeurs recherchant une machine moderne et compacte.
Mon analyse d’instructeur
Le Gemini fait partie des recycleurs sidemount les plus cohérents actuellement disponibles. Toute son ergonomie est pensée pour la plongée souterraine. Il ne cherche pas à être polyvalent à tout prix : il cherche avant tout à être extrêmement performant dans son domaine.
Chest Mount O2ptima (Choptima)

Le Chest Mount O2ptima, souvent appelé Choptima, est développé par Optima CM. Contrairement au Gemini, il s’agit d’un recycleur ventral entièrement électronique dérivé de l’O2ptima dorsal.
Son objectif est de proposer les performances d’un eCCR tout en bénéficiant des avantages d’une architecture compacte.
Présentation générale
La machine est portée sur la poitrine du plongeur. Les composants restent facilement accessibles pendant toute la plongée. Cette disposition simplifie également certaines opérations de maintenance et de contrôle.
Fiche technique
| Caractéristique | Chest Mount O2ptima |
|---|---|
| Fabricant | Optima CM |
| Pays | États-Unis |
| Type | eCCR |
| Architecture | Chest Mount |
| Contrôle PPO₂ | Électronique |
| Électrovanne | Oui |
| HUD | Oui |
| BOV | Compatible |
| Configuration | Très polyvalente |
Les points forts
- Architecture compacte.
- PPO₂ gérée automatiquement.
- Très confortable sur les longues plongées.
- Excellent accès aux composants.
- Machine moderne et évolutive.
- Compatible avec plusieurs configurations de plongée.
Les limites
- Électronique plus complexe.
- Prix généralement supérieur à un mCCR.
- Maintenance légèrement plus importante.
- Dépendance aux batteries.
Pour quel plongeur ?
Le Choptima conviendra particulièrement :
- aux plongeurs techniques recherchant une machine polyvalente ;
- aux plongeurs voyageant régulièrement ;
- aux instructeurs ;
- aux plongeurs souhaitant bénéficier du confort d’un eCCR dans une architecture compacte.
Mon analyse d’instructeur
Le Choptima représente aujourd’hui une alternative particulièrement intéressante aux recycleurs dorsaux classiques. Il combine la compacité d’un recycleur ventral avec le confort d’un contrôle électronique de la PPO₂. Il s’adresse toutefois à des plongeurs prêts à assumer une électronique plus présente et une maintenance légèrement plus exigeante.
Gemini ou Choptima ?
| Critère | Gemini Gen2 | Choptima |
|---|---|---|
| Architecture | Sidemount | Ventral |
| Contrôle PPO₂ | Manuel | Électronique |
| Orientation principale | Grotte | Polyvalence |
| Voyage | ★★★★☆ | ★★★★★ |
| Trimix profond | ★★★★☆ | ★★★★★ |
| Restrictions | ★★★★★ | ★★★★☆ |
| Charge de travail | Plus importante | Réduite |
| Maintenance | Simple | Plus technique |
Verdict
Le Gemini et le Choptima ne poursuivent pas le même objectif.
Le Gemini est une machine conçue avant tout pour les plongeurs sidemount et les explorations souterraines. Le Choptima est un recycleur électronique compact qui privilégie la polyvalence et le confort de pilotage.
À retenir
Si votre univers est la plongée souterraine en sidemount, le Gemini constitue une référence moderne. Si vous recherchez un recycleur compact, électronique et capable de vous accompagner aussi bien en voyage qu’en plongée profonde, le Choptima représente une solution extrêmement séduisante.
Transition vers le chapitre suivant
Les deux prochaines machines sont probablement les recycleurs dorsaux les plus connus du marché technique : le JJ-CCR et le rEvo III. Tous deux sont devenus des références en Trimix profond, en exploration et sur les grandes expéditions, mais leur philosophie de conception est très différente.
Chapitre 5C — Partie 1 : Le JJ-CCR

Parmi les recycleurs dorsaux modernes, le JJ-CCR occupe une place particulière.
Il est devenu l’une des machines les plus reconnues dans le monde de la plongée Trimix, des épaves profondes et de l’exploration. Sa réputation repose sur une philosophie simple : proposer un recycleur dorsal robuste, lisible, stable et capable d’encaisser des environnements exigeants.
Le JJ-CCR n’est pas la machine la plus légère du marché, ni la plus compacte. Son intérêt se trouve ailleurs : dans sa stabilité, sa construction solide, son électronique éprouvée et sa capacité à servir de plateforme fiable pour les plongées engagées.
Présentation générale du JJ-CCR
Le JJ-CCR est un recycleur électronique dorsal, ou eCCR. Cela signifie que la PPO₂ est contrôlée par une électronique qui pilote une électrovanne d’oxygène, tout en laissant au plongeur la responsabilité de surveiller la machine et d’intervenir manuellement si nécessaire.
La machine est construite autour d’une architecture dorsale classique : canister dans le dos, bouteilles embarquées, faux poumons dorsaux, DSV robuste et électronique intégrée.
Cette architecture en fait une plateforme très cohérente pour :
- la plongée Trimix profonde ;
- les longues décompressions ;
- les épaves profondes ;
- l’exploration en mer ;
- certaines plongées souterraines en galeries larges.
Le JJ-CCR est souvent choisi par des plongeurs qui veulent une machine fiable, stable et capable d’accompagner une progression technique sur plusieurs années.
Philosophie de conception
La philosophie du JJ-CCR est très différente de celle d’un recycleur ventral ou sidemount.
Là où un Triton ou un Sidewinder cherchent avant tout la compacité, le JJ-CCR privilégie la stabilité, l’autonomie et l’intégration complète de la machine.
Tout est pensé pour offrir une plateforme cohérente :
- un canister dorsal robuste ;
- un scrubber axial standard ;
- des faux poumons dorsaux ;
- une électronique DiveCAN ;
- un contrôleur Shearwater ;
- un HUD indépendant ;
- une structure capable de recevoir bouteilles, accessoires et équipements d’exploration.
Le résultat est une machine qui inspire confiance, particulièrement dans les plongées où la durée, la profondeur et la complexité du profil imposent une configuration très stable.
Fiche technique synthétique
| Critère | JJ-CCR |
|---|---|
| Type | eCCR |
| Architecture | Dorsal |
| Contrôle PPO₂ | Électronique avec électrovanne, surveillance par cellules O₂ |
| Contrôleur | Shearwater Petrel intégré selon version |
| HUD | HUD indépendant avec affichage PPO₂ des trois cellules |
| Communication | Interface DiveCAN |
| Scrubber standard | Axial |
| Capacité de chaux annoncée | 2,3 kg de Sofnolime 797 |
| Diluant / Oxygène embarqués | Bouteilles 3 L selon configuration standard |
| ADV | Intégré dans la boucle respiratoire |
| DSV | DSV robuste d’origine selon configuration |
| Options fabricant | X-tended Range Canister, head cover, options selon version |
Le fabricant indique que le scrubber standard du JJ-CCR est axial et contient 2,3 kg de Sofnolime 797. Il précise également que la machine utilise une électronique avec alimentation redondante, DiveCAN, contrôleur Shearwater et HUD indépendant. :contentReference[oaicite:0]{index=0}
Le scrubber axial du JJ-CCR
Le JJ-CCR utilise un scrubber axial standard.
Dans un scrubber axial, le gaz traverse la chaux selon un axe longitudinal. Cette architecture est simple à comprendre, relativement facile à remplir et très répandue dans le monde du CCR.
Le fabricant annonce une capacité de 2,3 kg de Sofnolime 797 pour le scrubber standard. La Sofnolime 797 est la chaux recommandée pour le JJ-CCR dans la documentation officielle. :contentReference[oaicite:1]{index=1}
Le scrubber du JJ-CCR est également conçu pour être facilement retiré du canister, ce qui facilite le remplissage, l’entretien pendant les intervalles de surface et la maintenance quotidienne.
Point technique :
La durée réelle d’un scrubber ne dépend pas uniquement de la quantité de chaux. Elle dépend aussi de la température de l’eau, du niveau d’effort, de la ventilation, du remplissage, de la granulométrie, du profil de plongée et des recommandations de l’organisme de formation. Un chiffre de capacité ne doit jamais être interprété comme une autorisation d’utiliser la chaux jusqu’à sa limite absolue.
Électronique et redondance
L’un des points forts du JJ-CCR est son architecture électronique.
La machine utilise une interface DiveCAN, pensée pour assurer une communication robuste entre les différents composants électroniques. Cette logique facilite également les évolutions, le démontage et certaines opérations de maintenance.
Le JJ-CCR dispose d’une alimentation redondante : une batterie pour le contrôleur, une batterie pour le HUD et deux batteries en parallèle pour l’électrovanne. Le fabricant précise également que les batteries ne sont pas intégrées dans la boucle respiratoire. :contentReference[oaicite:2]{index=2}
Le contrôleur est basé sur un ordinateur Shearwater avec fonctions de décompression multi-gaz. Le HUD indépendant affiche en temps réel les informations de PPO₂ des trois cellules.
Cette séparation entre contrôleur et HUD apporte une lecture plus claire et une redondance utile, surtout lors de plongées longues ou profondes.
Faux poumons et confort respiratoire
Le JJ-CCR utilise des faux poumons dorsaux qui suivent les contours des épaules.
Cette disposition libère l’avant du plongeur et participe à la stabilité globale de la machine. Elle est particulièrement appréciée par les plongeurs qui portent plusieurs bail-out, un scooter, des lampes ou du matériel d’exploration.
Le fabricant met en avant un faible travail respiratoire, ou WOB, grâce à la conception de la boucle, aux faux poumons dorsaux et aux composants respiratoires de la machine. :contentReference[oaicite:3]{index=3}
Comme toujours avec le WOB, il faut cependant rester prudent : le ressenti dépendra de la position du plongeur, de la profondeur, du gaz utilisé, de l’effort et de la configuration complète.
Ce que le JJ-CCR fait très bien
- Trimix profond : sa stabilité et son architecture dorsale sont très adaptées aux longues plongées profondes.
- Épaves : la machine offre une plateforme robuste pour les profils engagés.
- Exploration : les consoles du canister permettent d’organiser bouteilles, lampes et accessoires.
- Décompression longue : le confort de respiration et la stabilité de PPO₂ sont de vrais atouts.
- Formation : le JJ-CCR est largement reconnu, ce qui facilite l’accès à des instructeurs qualifiés selon les régions.
Ses limites
- Poids : ce n’est pas une machine pensée pour voyager léger.
- Volume : l’architecture dorsale est moins adaptée aux restrictions sévères qu’un recycleur sidemount.
- Portage : dans certains cénotes avec longues marches d’approche, le poids peut devenir un vrai facteur.
- Coût global : comme tout eCCR complet, le budget réel dépasse largement le prix de base de la machine.
- Maintenance : l’électronique, les batteries, le solenoid, les cellules et la boucle imposent une méthode rigoureuse.
Pour quel plongeur ?
Le JJ-CCR conviendra particulièrement au plongeur qui cherche une machine solide, stable et éprouvée pour des plongées engagées.
Il est particulièrement cohérent pour :
- un plongeur Trimix ;
- un plongeur d’épaves profondes ;
- un plongeur réalisant de longues décompressions ;
- un plongeur souhaitant une machine dorsale eCCR reconnue ;
- un plongeur qui privilégie la stabilité et l’autonomie à la compacité.
Il sera moins logique pour un plongeur dont la priorité absolue est le voyage léger, la restriction extrême ou l’intégration dans une configuration sidemount pure.
JJ-CCR en plongée profonde
C’est probablement dans la plongée profonde que le JJ-CCR exprime le mieux sa philosophie.
Un recycleur dorsal complet offre une plateforme stable pour gérer :
- plusieurs bail-out ;
- une décompression longue ;
- des ordinateurs redondants ;
- un scooter ;
- une lampe primaire ;
- un matériel d’exploration ou de documentation.
Pour un plongeur qui travaille régulièrement dans des profils profonds, cette stabilité devient un vrai confort.
Le JJ-CCR n’est pas forcément la machine la plus légère à transporter jusqu’au site, mais une fois dans l’eau, il offre une sensation de plateforme solide et cohérente.
JJ-CCR en épave
En plongée sur épave, le JJ-CCR est particulièrement adapté aux profils profonds et aux pénétrations larges.
Sa stabilité, son autonomie, la gestion électronique de la PPO₂ et la possibilité d’organiser plusieurs bail-out en font une machine très cohérente pour les plongées engagées.
En revanche, pour des pénétrations très étroites, un recycleur dorsal présente naturellement plus de volume qu’une configuration sidemount spécialisée.
Le choix dépendra donc du type d’épave, de la visibilité, du niveau de pénétration et du plan de secours.
JJ-CCR en grotte
Le JJ-CCR est utilisé en plongée souterraine, notamment dans des galeries larges ou des explorations nécessitant une autonomie importante.
Il peut être très efficace dans des réseaux où la stabilité, la durée et la redondance priment sur la compacité.
En revanche, dans les cénotes ou grottes avec restrictions importantes, un recycleur sidemount ou ventral peut être plus adapté.
Le JJ-CCR reste donc une bonne machine pour certaines plongées souterraines, mais ce n’est pas l’outil le plus spécialisé pour les passages très étroits.
Maintenance et préparation
Le JJ-CCR est conçu pour faciliter certaines opérations de maintenance, notamment le retrait du scrubber et l’accès aux principaux composants.
Comme tout eCCR, il demande cependant une préparation rigoureuse :
- contrôle des cellules ;
- calibration ;
- vérification des batteries ;
- test du solenoid ;
- contrôle du HUD ;
- test du DSV ;
- tests d’étanchéité positif et négatif ;
- pré-breathe selon procédure de formation et recommandations fabricant.
La présence d’électronique ne rend pas la préparation plus courte. Elle impose simplement d’ajouter des contrôles adaptés.
Analyse d’instructeur
Mon analyse :
Le JJ-CCR est une machine rassurante pour un plongeur technique qui veut une plateforme dorsale solide. Il ne cherche pas à être ultra-compact ni minimaliste. Il cherche à être stable, robuste et cohérent pour les plongées profondes.
C’est précisément ce qui fait sa force. Pour du Trimix profond, des épaves engagées ou des explorations longues, cette philosophie prend tout son sens.
En revanche, un plongeur qui voyage beaucoup, qui plonge principalement en restrictions ou qui veut une machine très légère devra accepter les limites naturelles d’une architecture dorsale complète.
Verdict JJ-CCR
| Critère | Évaluation | Commentaire |
|---|---|---|
| Trimix profond | ★★★★★ | Excellente plateforme pour les longues plongées profondes. |
| Épaves | ★★★★★ | Très adapté aux épaves profondes et aux profils engagés. |
| Grotte | ★★★★☆ | Très bon dans les galeries larges, moins spécialisé pour les restrictions. |
| Voyage | ★★☆☆☆ | Machine robuste mais volumineuse et moins pratique en avion. |
| Premier CCR | ★★★★☆ | Très cohérent si l’instructeur est expérimenté sur la machine. |
| Maintenance utilisateur | ★★★☆☆ | Claire et logique, mais demande la rigueur propre à un eCCR complet. |
À retenir
Le JJ-CCR est l’un des recycleurs dorsaux les plus cohérents pour la plongée technique engagée.
Il conviendra particulièrement aux plongeurs qui privilégient la stabilité, la profondeur, la robustesse et l’autonomie plutôt que la compacité absolue.
Point essentiel :
Le JJ-CCR n’est pas la machine la plus légère, ni la plus compacte. C’est une plateforme de travail sérieuse, pensée pour les plongées profondes, les épaves, l’exploration et les plongeurs qui veulent une machine dorsale fiable sur le long terme.
Transition vers la Partie 2
Le prochain volet du chapitre 5C sera consacré au rEvo III, une autre référence majeure du marché, mais avec une philosophie très différente.
Là où le JJ-CCR mise sur une architecture dorsale classique, lisible et robuste, le rEvo propose une approche plus compacte, avec son fameux double scrubber et plusieurs versions adaptées à différents profils de plongeurs.
Le rEvo III

Depuis son apparition sur le marché, le rEvo s’est construit une réputation très particulière dans le monde des recycleurs. Là où de nombreux fabricants cherchent avant tout à simplifier leur architecture, rEvo a choisi une approche différente : multiplier les redondances tout en optimisant le confort respiratoire.
Aujourd’hui encore, le rEvo reste l’un des recycleurs les plus utilisés en plongée technique profonde, en exploration et sur les grandes expéditions.
Une philosophie différente
Contrairement au JJ-CCR qui repose sur une architecture relativement classique, le rEvo possède plusieurs particularités qui le distinguent immédiatement.
La plus connue est son système de double scrubber radial.
Au lieu d’utiliser un seul canister contenant toute la chaux sodée, le rEvo répartit celle-ci dans deux cartouches indépendantes placées de chaque côté de la machine.
Cette architecture permet de conserver une machine particulièrement compacte tout en offrant une capacité importante de filtration du dioxyde de carbone.
Le double scrubber radial
Le système radial constitue la véritable signature du rEvo.
Dans un scrubber radial, le gaz circule de manière différente d’un scrubber axial traditionnel.
Le fabricant met en avant plusieurs avantages :
- faible résistance respiratoire ;
- répartition homogène du gaz ;
- remplissage simple ;
- bonne compacité de la machine.
Cette architecture contribue largement au confort respiratoire qui a fait la réputation du rEvo auprès de nombreux plongeurs techniques.
À retenir
Le double scrubber radial est probablement la caractéristique la plus emblématique du rEvo. C’est également l’un des principaux critères qui différencient cette machine de la plupart des autres recycleurs dorsaux.
Les différentes versions
Le rEvo est disponible en plusieurs déclinaisons.
Les plus connues sont :
- rEvo Micro ;
- rEvo Mini ;
- rEvo III.
Toutes partagent la même philosophie mais proposent des volumes, des dimensions et des capacités de chaux adaptés à différents profils de plongeurs.
Le choix dépend principalement :
- de la morphologie ;
- du type de plongée ;
- de la durée des immersions ;
- des habitudes de voyage.
Le RMS
Le rEvo peut recevoir le RMS (rEvo Monitoring System).
Ce système permet de suivre plusieurs paramètres de fonctionnement de la machine, notamment l’utilisation du scrubber selon les versions équipées.
Il ne remplace cependant jamais la planification du plongeur ni les recommandations du fabricant concernant la gestion de la chaux sodée.
Les points forts
- Excellent confort respiratoire.
- Machine très compacte.
- Double scrubber radial.
- Grande qualité de fabrication.
- Très appréciée en Trimix profond.
- Configuration très équilibrée.
- Disponible en plusieurs tailles.
Les limites
- Architecture moins intuitive pour un débutant.
- Prix élevé selon les configurations.
- Nombreuses options disponibles pouvant compliquer le choix.
- Maintenance demandant une bonne connaissance de la machine.
Pour quel plongeur ?
Le rEvo conviendra particulièrement :
- aux plongeurs Trimix ;
- aux explorateurs ;
- aux plongeurs recherchant une machine très compacte ;
- aux utilisateurs souhaitant un excellent confort respiratoire ;
- aux plongeurs réalisant régulièrement de longues décompressions.
Mon analyse d’instructeur
Le rEvo possède une véritable personnalité.
Ce n’est pas une machine spectaculaire. C’est une machine extrêmement aboutie.
Son confort respiratoire, sa compacité et son double scrubber expliquent pourquoi elle reste une référence plus de vingt ans après son apparition.
Elle demande néanmoins un véritable investissement personnel. Le plongeur doit comprendre sa logique de fonctionnement et ne pas chercher à la comparer uniquement à un recycleur dorsal classique.
JJ-CCR ou rEvo ?
Ces deux recycleurs sont régulièrement comparés car ils occupent tous deux le segment des machines haut de gamme destinées à la plongée technique.
Pourtant, leur philosophie est différente.
| Critère | JJ-CCR | rEvo III |
|---|---|---|
| Architecture | Dorsale classique | Dorsale compacte |
| Scrubber | Axial | Double radial |
| Confort respiratoire | Excellent | Excellent |
| Électronique | Shearwater / DiveCAN | Selon configuration |
| Voyage | ★★☆☆☆ | ★★★☆☆ |
| Trimix profond | ★★★★★ | ★★★★★ |
| Épaves | ★★★★★ | ★★★★★ |
| Cénotes | ★★★★☆ | ★★★★☆ |
| Maintenance | ★★★★☆ | ★★★☆☆ |
| Personnalisation | Importante | Très importante |
Verdict
Le choix entre un JJ-CCR et un rEvo ne se résume pas à une question de performances.
Les deux machines permettent de réaliser des plongées extrêmement engagées.
Le JJ privilégie une architecture simple, robuste et immédiatement lisible. Le rEvo mise davantage sur l’optimisation du confort respiratoire, la compacité et une approche plus spécifique de la conception mécanique.
Il est donc difficile d’affirmer qu’une machine est meilleure que l’autre. Le véritable critère de choix reste votre façon de plonger, votre environnement habituel et la qualité de la formation que vous recevrez.
Conseil d’instructeur
Après plusieurs centaines d’heures de plongée, la différence ne se fera plus sur la machine. Elle se fera sur le plongeur. Un recycleur parfaitement maîtrisé sera toujours plus performant qu’une machine théoriquement supérieure mais insuffisamment connue de son propriétaire.
Transition vers le chapitre suivant
Nous avons maintenant étudié les six recycleurs les plus représentatifs de ce guide :
- Triton mCCR
- KISS Sidewinder
- Fathom Gemini Gen2
- Chest Mount O2ptima
- JJ-CCR
- rEvo III
Le chapitre suivant réunira ces six machines dans un grand tableau comparatif afin de visualiser immédiatement leurs différences, leurs domaines d’excellence et le profil de plongeur auquel chacune s’adresse.
Chapitre 5D — Grand comparatif des 6 recycleurs CCR
Après avoir analysé les principales machines une par une, voici un tableau synthétique plus lisible pour comparer rapidement leurs domaines d’utilisation.
Légende :
★★★★★ Excellent
★★★★☆ Très bon
★★★☆☆ Correct
★★☆☆☆ Limité
★☆☆☆☆ Peu adapté
| Critère | Triton | Sidewinder | Gemini | Choptima | JJ-CCR | rEvo |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Débuter en CCR | ★★★★☆ | ★★★☆☆ | ★★★☆☆ | ★★★★☆ | ★★★★★ | ★★★★☆ |
| Voyage | ★★★★★ | ★★★★☆ | ★★★★☆ | ★★★★★ | ★★☆☆☆ | ★★★☆☆ |
| Poids / portage | ★★★★★ | ★★★★☆ | ★★★★☆ | ★★★★★ | ★★☆☆☆ | ★★★☆☆ |
| Cénotes | ★★★★★ | ★★★★★ | ★★★★★ | ★★★★★ | ★★★☆☆ | ★★★★☆ |
| Grotte | ★★★★☆ | ★★★★★ | ★★★★★ | ★★★★☆ | ★★★☆☆ | ★★★★☆ |
| Restrictions | ★★★★☆ | ★★★★★ | ★★★★★ | ★★★☆☆ | ★★☆☆☆ | ★★☆☆☆ |
| Épaves | ★★★☆☆ | ★★★☆☆ | ★★★☆☆ | ★★★★☆ | ★★★★★ | ★★★★★ |
| Trimix profond | ★★★☆☆ | ★★★☆☆ | ★★★★☆ | ★★★★☆ | ★★★★★ | ★★★★★ |
| Expédition | ★★★☆☆ | ★★★★☆ | ★★★★☆ | ★★★★☆ | ★★★★★ | ★★★★★ |
| Photographie | ★★★★★ | ★★★★★ | ★★★★★ | ★★★★★ | ★★★★★ | ★★★★★ |
| Maintenance utilisateur | ★★★★★ | ★★★★☆ | ★★★★☆ | ★★★☆☆ | ★★★☆☆ | ★★★☆☆ |
| Disponibilité pièces / support | ★★★★☆ | ★★★☆☆ | ★★☆☆☆ | ★★★☆☆ | ★★★★★ | ★★★★★ |
| Électronique embarquée | ★☆☆☆☆ | ★☆☆☆☆ | ★☆☆☆☆ | ★★★★★ | ★★★★★ | ★★★★☆ |
| Confort respiratoire | ★★★★☆ | ★★★★★ | ★★★★★ | ★★★★★ | ★★★★★ | ★★★★★ |
| Autonomie de chaux | ★★★★☆ | ★★★★☆ | ★★★★☆ | ★★★★☆ | ★★★★★ | ★★★★★ |
| Polyvalence générale | ★★★★☆ | ★★★☆☆ | ★★★☆☆ | ★★★★★ | ★★★★★ | ★★★★★ |
Comment lire ce tableau ?
Les étoiles ne sont pas un classement absolu. Elles indiquent simplement dans quel domaine chaque machine est généralement la plus cohérente.
Un Triton peut être utilisé pour des plongées profondes, un JJ peut être utilisé en grotte, et un Sidewinder peut faire bien plus que des restrictions. Mais chaque recycleur possède une zone naturelle de confort.
Chapitre 6 — Quel recycleur choisir selon votre type de plongée ?
Après avoir comparé les principales machines, il reste une question beaucoup plus concrète :
Quel recycleur correspond réellement à votre pratique ?
La réponse ne dépend pas seulement du prix, du poids ou de la marque. Elle dépend surtout de vos plongées réelles.
Un plongeur qui explore les cénotes du Mexique n’a pas les mêmes besoins qu’un plongeur Trimix en Méditerranée, un plongeur d’épaves en mer froide ou un instructeur qui voyage régulièrement.
Profil 1 — Je plonge principalement en cénotes
Les cénotes imposent des contraintes particulières : accès parfois difficiles, longues marches, portage, entrées étroites, visibilité exceptionnelle mais environnement sous plafond.
Dans ce contexte, le poids, la compacité, le trim et la facilité de déplacement deviennent essentiels.
Machines à regarder en priorité
- Triton mCCR
- KISS Sidewinder
- Fathom Gemini Gen2
- Chest Mount O2ptima / Choptima
Le Triton et le Choptima sont intéressants pour leur format ventral compact. Le Sidewinder et le Gemini sont plus spécialisés pour les plongeurs cave sidemount.
À retenir :
En cénote, la meilleure machine est souvent celle qui se transporte facilement, se configure proprement et ne gêne pas le plongeur dans les restrictions ou les longues pénétrations.
Profil 2 — Je fais surtout du Trimix profond
La plongée Trimix profonde demande une plateforme stable, une bonne autonomie de chaux, une électronique fiable, un confort respiratoire élevé et une gestion claire des bail-out.
Dans ce domaine, les recycleurs dorsaux restent des références.
Machines à regarder en priorité
- JJ-CCR
- rEvo III
- Chest Mount O2ptima / Choptima
Le JJ-CCR et le rEvo sont particulièrement cohérents pour les longues plongées profondes. Le Choptima peut également être très intéressant pour les plongeurs qui souhaitent une machine compacte avec gestion électronique de la PPO₂.
À retenir :
Pour le Trimix profond, la stabilité, le confort respiratoire, la redondance et la disponibilité du support technique deviennent plus importants que le poids seul.
Profil 3 — Je plonge surtout sur épaves
Les épaves peuvent être très différentes les unes des autres. Une épave ouverte à 40 mètres ne demande pas la même configuration qu’une pénétration profonde avec mauvaise visibilité.
Pour les épaves profondes, les machines dorsales restent très adaptées grâce à leur stabilité et leur capacité à intégrer plusieurs bail-out.
Machines à regarder en priorité
- JJ-CCR
- rEvo III
- Chest Mount O2ptima / Choptima
Pour les pénétrations complexes ou les passages plus étroits, certains plongeurs préféreront une architecture plus compacte, mais cela dépend fortement du type d’épave et de la formation du plongeur.
Profil 4 — Je voyage beaucoup
Pour un plongeur voyageur, la meilleure machine n’est pas forcément la plus performante sur le papier. C’est souvent celle que l’on accepte réellement d’emporter.
Poids, encombrement, facilité de montage, disponibilité de la chaux, transport des cellules, batteries et pièces détachées deviennent des critères essentiels.
Machines à regarder en priorité
- Triton mCCR
- Chest Mount O2ptima / Choptima
- Fathom Gemini Gen2
- rEvo Micro ou Mini selon configuration
Conseil pratique :
Avant d’acheter un CCR pour voyager, pesez votre configuration complète : machine, BOV, ordinateurs, détendeurs, cellules, pièces, outils et accessoires. Le poids réel est souvent très différent du poids annoncé de la machine seule.
Profil 5 — Je suis instructeur ou plongeur multi-environnements
Un instructeur ou un plongeur qui travaille dans plusieurs environnements a besoin d’une machine cohérente, fiable et facile à expliquer.
La polyvalence devient alors plus importante que la spécialisation absolue.
Machines à regarder en priorité
- JJ-CCR
- rEvo III
- Chest Mount O2ptima / Choptima
- Triton mCCR
Le bon choix dépendra surtout des formations proposées, du public visé et du type de plongées réalisées le plus souvent.
Profil 6 — Je veux mon premier CCR
Pour un premier recycleur, le plus important n’est pas de choisir la machine la plus impressionnante.
Il faut choisir une machine :
- bien représentée dans votre région ;
- enseignée par un instructeur compétent ;
- avec un support technique accessible ;
- adaptée à vos plongées actuelles ;
- que vous aurez envie d’utiliser régulièrement.
Machines souvent cohérentes pour débuter
- JJ-CCR
- Chest Mount O2ptima / Choptima
- Triton mCCR
- rEvo III, si l’instructeur connaît parfaitement la machine
Le Sidewinder et le Gemini peuvent être excellents, mais ils sont généralement plus logiques pour des plongeurs déjà solides en sidemount et orientés grotte.
À retenir :
Pour un premier CCR, choisissez d’abord l’instructeur. Ensuite seulement, choisissez la machine.
Profil 7 — Je veux évoluer vers la plongée souterraine
Si votre objectif est la plongée souterraine, il est utile de réfléchir à long terme.
Un plongeur qui souhaite évoluer vers le cave sidemount n’aura pas forcément intérêt à commencer sur une machine dorsale très lourde, sauf si son environnement principal le justifie.
Machines à regarder en priorité
- KISS Sidewinder
- Fathom Gemini Gen2
- Triton mCCR
- Chest Mount O2ptima / Choptima
Le choix dépendra du niveau sidemount du plongeur, de son expérience cave et du type de réseaux qu’il souhaite explorer.
Tableau d’aide au choix
| Votre priorité | Machines à regarder en premier | À surveiller avant achat |
|---|---|---|
| Cénotes | Triton • Sidewinder • Gemini • Choptima | Poids, portage, trim, restrictions, formation cave. |
| Grotte sidemount | Sidewinder • Gemini | Niveau sidemount, configuration, support local. |
| Trimix profond | JJ-CCR • rEvo • Choptima | Autonomie, WOB, électronique, bail-out, support. |
| Épaves profondes | JJ-CCR • rEvo | Stabilité, robustesse, pénétration, redondance. |
| Voyage | Triton • Choptima • Gemini | Poids réel, batteries, cellules, chaux disponible. |
| Premier CCR | JJ-CCR • Choptima • Triton | Instructeur, SAV, disponibilité des pièces. |
| Polyvalence | JJ-CCR • rEvo • Choptima • Triton | Ne pas choisir une machine trop spécialisée. |
Les mauvaises raisons de choisir un recycleur
Certains critères peuvent influencer un achat, mais ne devraient jamais être prioritaires.
| Mauvaise raison | Pourquoi c’est risqué |
|---|---|
| Parce qu’il est à la mode | Une machine populaire n’est pas forcément adaptée à votre pratique. |
| Parce qu’un plongeur connu l’utilise | Son environnement, son expérience et ses objectifs peuvent être très différents des vôtres. |
| Parce qu’il est moins cher | Le prix d’achat ne reflète pas le coût réel de possession. |
| Parce qu’il est plus léger | Le poids est important, mais il ne remplace pas le confort respiratoire, le support ou la formation. |
| Parce qu’il semble plus simple | Une machine simple mal maîtrisée reste dangereuse. |
À retenir
Le bon recycleur n’est pas celui qui gagne tous les tableaux comparatifs.
C’est celui qui correspond à votre type de plongée, à votre environnement, à votre formation, à votre budget réel et au support disponible autour de vous.
Point essentiel :
Ne choisissez pas une machine pour les plongées que vous rêvez peut-être de faire un jour. Choisissez d’abord un recycleur adapté aux plongées que vous ferez réellement dans les deux prochaines années.
Transition vers le chapitre suivant
Une fois la machine choisie, il reste une question incontournable : combien coûte réellement un CCR ?
Le chapitre suivant détaille le coût global d’un recycleur : prix d’achat, formation, cellules, chaux, gaz, maintenance, accessoires, révisions et coûts souvent oubliés.
Chapitre 7 — Combien coûte réellement un recycleur CCR ?
Le prix d’achat d’un recycleur attire souvent toute l’attention.
Pourtant, ce n’est qu’une partie du budget réel.
Acheter un CCR, ce n’est pas seulement acheter une machine. C’est investir dans une formation, des consommables, des accessoires, une maintenance régulière, du gaz, du temps de préparation et parfois des révisions constructeur.
Le vrai coût d’un recycleur ne se mesure pas uniquement le jour de l’achat, mais sur plusieurs années d’utilisation.
Le prix d’achat de la machine
Le premier poste de dépense est évidemment le recycleur lui-même.
Selon le modèle, la configuration, les options et le pays d’achat, le prix peut varier fortement.
Il faut également faire attention à ce qui est réellement inclus :
- la machine seule ;
- les faux poumons ;
- le DSV ou le BOV ;
- les bouteilles oxygène et diluant ;
- les détendeurs ;
- l’électronique ;
- le HUD ;
- les cellules O₂ ;
- les accessoires de montage.
Deux recycleurs affichés à un prix proche peuvent finalement coûter très différemment une fois prêts à plonger.
À retenir :
Ne comparez jamais seulement le prix de base. Comparez toujours le prix d’une configuration complète, prête à plonger, adaptée à votre pratique.
La formation CCR
La formation est une dépense obligatoire, mais c’est probablement la plus importante de toutes.
Un CCR ne s’apprend pas seul. Chaque machine possède ses propres procédures, ses limites, ses contrôles, ses alarmes et ses gestes d’urgence.
Une formation sérieuse doit inclure :
- la théorie du fonctionnement CCR ;
- le montage complet de la machine ;
- la gestion de la PPO₂ ;
- les procédures normales ;
- les procédures d’urgence ;
- la maintenance quotidienne ;
- les tests d’étanchéité ;
- la gestion du bail-out ;
- plusieurs plongées progressives.
Le choix de l’instructeur a souvent plus d’impact sur votre sécurité que le choix exact de la machine.
Les accessoires souvent oubliés
Lorsqu’un plongeur calcule son budget CCR, il oublie souvent les accessoires indispensables.
| Accessoire | Pourquoi c’est important |
|---|---|
| Ordinateur CCR | Gestion de la décompression, lecture PPO₂, planification multi-gaz. |
| BOV | Passage rapide en circuit ouvert en cas de problème respiratoire. |
| Bouteilles de bail-out | Indispensables pour terminer la plongée en sécurité en cas d’abandon de la boucle. |
| Détendeurs bail-out | Doivent être fiables, bien routés et adaptés au gaz utilisé. |
| Analyseur O₂ / He | Indispensable pour vérifier les gaz avant la plongée. |
| Pièces de rechange | Joints, cellules, batteries, flexibles, outils spécifiques. |
| Valise ou caisse de transport | Protège la machine pendant les voyages. |
Les consommables
Un CCR consomme peu de gaz, mais il utilise régulièrement certains consommables.
La chaux sodée
La chaux est le consommable principal d’un recycleur.
Elle absorbe le CO₂ produit par la respiration du plongeur. Sa durée d’utilisation dépend du modèle de scrubber, de la température, de l’effort, de la ventilation et des recommandations du fabricant.
Il ne faut jamais chercher à économiser quelques euros en poussant la chaux au-delà de limites raisonnables.
Les cellules oxygène
Les cellules O₂ vieillissent naturellement.
Elles doivent être remplacées régulièrement, même si elles semblent encore fonctionner.
Une cellule lente, instable ou incohérente peut donner une fausse impression de sécurité.
Les joints, batteries et petits consommables
Les joints coûtent peu, mais ils sont essentiels à l’étanchéité de la boucle.
Les batteries, filtres, graisses compatibles oxygène, désinfectants et petits composants doivent également être intégrés au budget annuel.
Les gaz
En CCR, la consommation d’oxygène est très faible comparée au circuit ouvert.
L’économie la plus importante concerne surtout l’hélium.
En plongée Trimix profonde, un plongeur en circuit ouvert peut consommer énormément d’hélium. En recycleur, le diluant est principalement utilisé pour équilibrer la boucle, les descentes, les flushs et certaines procédures.
Plus les plongées sont profondes et longues, plus l’avantage économique du CCR devient important.
À retenir :
Un CCR ne devient pas rentable parce qu’il fait économiser de l’oxygène. Il devient surtout intéressant économiquement sur les plongées profondes au Trimix, où l’hélium représente une part importante du coût.
La maintenance et les révisions
Un recycleur demande une maintenance régulière.
Certaines opérations peuvent être réalisées par l’utilisateur, selon le modèle et les recommandations du fabricant :
- nettoyage de la boucle ;
- désinfection ;
- remplacement de certains joints ;
- contrôle visuel des flexibles ;
- remplacement des cellules ;
- vérification des batteries ;
- contrôle des connecteurs.
D’autres opérations peuvent nécessiter un technicien agréé ou un retour fabricant.
Il faut donc prendre en compte :
- le coût des pièces ;
- le coût de la main-d’œuvre ;
- les frais d’envoi ;
- le délai d’immobilisation de la machine.
Le coût réel sur plusieurs années
Le budget d’un CCR dépend énormément du nombre de plongées réalisées.
Une machine utilisée 100 heures par an coûtera beaucoup moins cher par heure qu’une machine utilisée seulement 10 heures par an.
| Poste de dépense | Type de coût | Commentaire |
|---|---|---|
| Achat machine | Initial | Très variable selon modèle et options. |
| Formation | Initial | Indispensable et spécifique à la machine. |
| Accessoires | Initial / évolutif | BOV, ordinateurs, bail-out, analyseur, outils. |
| Chaux | Récurrent | Dépend du nombre d’heures de plongée. |
| Cellules O₂ | Récurrent | Remplacement périodique recommandé. |
| Batteries | Récurrent | Dépend de la machine et de l’électronique. |
| Gaz | Récurrent | Très avantageux en Trimix profond par rapport au circuit ouvert. |
| Maintenance | Récurrent | Nettoyage, pièces, révisions, contrôles. |
| Transport | Variable | Voyage, bagages, douane, caisse de transport. |
Neuf ou occasion ?
Acheter un CCR d’occasion peut être intéressant, mais demande beaucoup de prudence.
Avant d’acheter une machine d’occasion, il faut vérifier :
- l’historique de la machine ;
- le nombre d’heures de plongée ;
- la date des cellules ;
- l’état des faux poumons ;
- l’état des flexibles ;
- les révisions réalisées ;
- les modifications éventuelles ;
- la disponibilité des pièces ;
- la possibilité de se former sur cette version exacte.
Une bonne occasion peut être un excellent choix.
Une mauvaise occasion peut coûter plus cher qu’une machine neuve.
Conseil :
N’achetez jamais un CCR d’occasion sans l’avis d’un instructeur ou technicien connaissant précisément le modèle concerné.
Le coût invisible : le temps
Le temps est un coût que beaucoup de plongeurs sous-estiment.
Un CCR demande :
- du temps de montage ;
- du temps de contrôle ;
- du temps de nettoyage ;
- du temps de séchage ;
- du temps de maintenance ;
- du temps de formation continue.
Ce temps n’est pas perdu. Il fait partie de la pratique CCR.
Mais il faut l’accepter avant d’acheter la machine.
Tableau simple : ce qu’il faut prévoir
| Avant l’achat | Après l’achat | Chaque année |
|---|---|---|
| Choix du modèle | Formation machine | Cellules O₂ |
| Choix de l’instructeur | Accessoires complémentaires | Chaux sodée |
| Budget complet | Premiers consommables | Batteries |
| Disponibilité pièces | Configuration bail-out | Joints et petits consommables |
| Support local | Plongées de pratique | Maintenance / révision |
À retenir
Un recycleur est un investissement important, mais il peut être extrêmement cohérent pour un plongeur qui l’utilise régulièrement.
Le coût réel dépendra moins du prix de départ que de la fréquence d’utilisation, du type de plongée, de la maintenance, du support disponible et de la qualité de la formation.
Point essentiel :
Le meilleur moyen de réduire le coût réel d’un CCR n’est pas d’acheter la machine la moins chère. C’est d’acheter une machine adaptée, bien supportée, bien entretenue et utilisée régulièrement.
Transition vers le chapitre suivant
Avant de conclure ce guide, il reste un sujet essentiel : les erreurs les plus fréquentes avant l’achat.
Le prochain chapitre présentera les pièges classiques à éviter avant de choisir son premier recycleur.
Chapitre 8 — Les 20 erreurs que j’ai le plus souvent rencontrées chez les nouveaux plongeurs CCR
Acheter un recycleur est une décision importante.
Ce n’est pas simplement l’achat d’un nouvel équipement. C’est l’entrée dans une autre manière de plonger, avec de nouvelles procédures, une nouvelle discipline et une relation beaucoup plus intime avec sa machine.
La plupart des erreurs commises par les nouveaux plongeurs CCR ne viennent pas d’un manque d’intelligence ou de motivation. Elles viennent souvent d’un excès d’enthousiasme, d’un mauvais conseil, d’un achat trop rapide ou d’une sous-estimation du temps nécessaire pour maîtriser correctement l’équipement.
Voici les erreurs que l’on rencontre le plus souvent.
Erreur n°1 — Acheter le recycleur avant de choisir son instructeur
C’est probablement l’une des erreurs les plus fréquentes.
Un plongeur trouve une bonne occasion, achète la machine, puis cherche ensuite quelqu’un pour le former dessus.
Le problème est simple : tous les instructeurs ne forment pas sur toutes les machines, et tous les modèles ne sont pas également supportés dans toutes les régions.
Ce qu’il faut faire
Choisissez d’abord un instructeur expérimenté, puis discutez avec lui des machines adaptées à votre pratique.
Le meilleur recycleur sur le papier ne sert à rien si vous ne trouvez personne de compétent pour vous former correctement dessus.
Erreur n°2 — Choisir uniquement selon le prix
Un recycleur moins cher peut sembler être une bonne affaire.
Mais le prix d’achat n’est qu’une partie du coût réel.
Il faut ajouter la formation, les cellules, la chaux, les accessoires, les bail-out, les détendeurs, les ordinateurs, les pièces détachées, la maintenance et parfois les révisions constructeur.
Ce qu’il faut faire
Comparez toujours le coût d’une configuration complète, prête à plonger, et pas seulement le prix de la machine.
Erreur n°3 — Acheter parce qu’un ami utilise cette machine
Un recycleur peut être parfait pour votre ami et très peu adapté à votre pratique.
Son expérience, son environnement, son niveau technique et ses objectifs peuvent être très différents des vôtres.
Ce qu’il faut faire
Écoutez les retours d’expérience, mais choisissez selon vos propres plongées.
Un plongeur de grotte en sidemount, un plongeur Trimix profond et un instructeur voyageur n’ont pas les mêmes besoins.
Erreur n°4 — Acheter une machine trop spécialisée
Certaines machines sont excellentes dans un domaine précis, mais moins polyvalentes.
Un recycleur sidemount cave peut être exceptionnel en grotte, mais moins pratique pour de la plongée bateau classique. Une grosse machine dorsale peut être idéale en Trimix profond, mais fatigante à transporter dans certains cénotes.
Ce qu’il faut faire
Demandez-vous où vous plongerez vraiment dans les deux prochaines années.
Ne choisissez pas une machine uniquement pour les plongées que vous rêvez peut-être de faire un jour.
Erreur n°5 — Sous-estimer le poids réel
Le poids annoncé par le fabricant ne correspond pas toujours au poids réel de la configuration complète.
Une fois ajoutés les bouteilles, les détendeurs, le BOV, les ordinateurs, les cellules, les outils et les pièces de rechange, le poids total peut changer considérablement.
Ce qu’il faut faire
Pesez ou estimez la configuration complète, surtout si vous voyagez ou si vous plongez dans des sites avec portage.
Erreur n°6 — Négliger la disponibilité des pièces
Une machine peut être excellente, mais difficile à entretenir si les pièces ne sont pas disponibles dans votre région.
Un simple joint spécifique, une cellule, une batterie ou un connecteur peut immobiliser la machine pendant plusieurs semaines.
Ce qu’il faut faire
Avant l’achat, vérifiez la disponibilité réelle des pièces, du support technique et des techniciens capables d’intervenir sur la machine.
Erreur n°7 — Acheter d’occasion sans inspection sérieuse
Le marché de l’occasion peut être intéressant, mais il demande beaucoup de prudence.
Une machine ancienne, modifiée ou mal entretenue peut coûter très cher à remettre en état.
Ce qu’il faut vérifier
- historique de la machine ;
- révisions effectuées ;
- état des faux poumons ;
- état des flexibles ;
- date des cellules ;
- état des batteries ;
- modifications non d’origine ;
- disponibilité des pièces.
L’idéal est de faire inspecter la machine par un instructeur ou un technicien connaissant précisément ce modèle.
Erreur n°8 — Croire qu’un eCCR est automatiquement plus sûr
Un eCCR peut réduire la charge de travail grâce à l’injection automatique d’oxygène.
Mais il ne supprime pas la responsabilité du plongeur.
Les cellules peuvent dériver, une électrovanne peut se bloquer, une batterie peut faiblir, un connecteur peut poser problème.
Ce qu’il faut comprendre
L’électronique est une aide. Elle ne remplace jamais la surveillance active du plongeur.
Un mCCR parfaitement maîtrisé sera toujours plus sûr qu’un eCCR mal compris.
Erreur n°9 — Penser qu’un CCR compense un mauvais niveau technique
Un recycleur n’améliore pas automatiquement la flottabilité, le trim, le palmage ou la discipline du plongeur.
Au contraire, il amplifie souvent les défauts existants.
Un plongeur instable en circuit ouvert ne deviendra pas soudainement précis parce qu’il porte un CCR.
Ce qu’il faut faire
Travaillez votre base technique avant de passer au recycleur : flottabilité, trim, propulsion, conscience de l’équipe, gestion du stress et planification.
Erreur n°10 — Sous-estimer le temps de préparation
Un CCR demande du temps.
Montage, scrubber, calibration, tests d’étanchéité, analyse des gaz, vérification des cellules, contrôle du bail-out et pré-breathe font partie de la plongée.
Ce qu’il faut faire
Acceptez cette routine dès le départ.
Si vous voulez vous équiper en cinq minutes sur le bord du bateau, le CCR n’est probablement pas encore le bon choix.
Erreur n°11 — Vouloir économiser sur les cellules O₂
Les cellules oxygène sont des consommables.
Même lorsqu’elles semblent encore fonctionner, elles vieillissent.
Une cellule lente ou instable peut donner des informations trompeuses au moment où vous en avez le plus besoin.
Ce qu’il faut faire
Remplacez les cellules selon les recommandations du fabricant, de votre organisme de formation et de votre instructeur.
Ne cherchez jamais à économiser sur un élément aussi critique.
Erreur n°12 — Réutiliser la chaux sans logique claire
La durée d’utilisation de la chaux est un sujet délicat.
Les fabricants donnent des durées de référence établies dans des conditions précises. Ces valeurs sont essentielles, mais elles ne décrivent pas toutes les situations réelles.
Une plongée à 4 °C avec effort important ne sollicite pas le scrubber de la même manière qu’une plongée calme à 25 °C dans un cénote.
Dans une eau chaude, avec une ventilation modérée et une plongée bien contrôlée, la marge réelle peut être différente. Mais cette marge ne doit jamais devenir une excuse pour pousser systématiquement la chaux.
Ce qu’il faut faire
Respectez une approche conservatrice.
Tenez compte de la température, de l’effort, de votre ventilation, du type de scrubber, de la durée cumulée et des recommandations constructeur.
Économiser quelques euros de chaux ne vaut jamais le risque d’une hypercapnie.
Erreur n°13 — Négliger le bail-out
Certains nouveaux plongeurs CCR dépensent tout leur budget dans la machine et sous-estiment le bail-out.
Pourtant, le bail-out est ce qui vous permettra de terminer la plongée si vous devez abandonner la boucle.
Ce qu’il faut prévoir
- volume de gaz suffisant ;
- gaz adaptés à la profondeur ;
- détendeurs fiables ;
- routage clair ;
- procédures répétées ;
- calcul réaliste selon l’équipe.
Un recycleur sans bail-out correctement planifié n’est pas une configuration complète.
Erreur n°14 — Modifier sa configuration en permanence
Changer un flexible, déplacer un détendeur, ajouter un nouvel ordinateur, modifier le lestage ou changer de BOV peut sembler anodin.
Mais chaque modification change vos automatismes.
Ce qu’il faut faire
Testez toute modification lors de plongées simples avant de l’utiliser sur une plongée engagée.
Une configuration moyenne parfaitement maîtrisée vaut mieux qu’une configuration théoriquement parfaite mais nouvelle pour vous.
Erreur n°15 — Ne pas s’entraîner régulièrement aux procédures d’urgence
Beaucoup de plongeurs connaissent les procédures sur le papier.
Mais sous stress, ce sont les gestes répétés qui reviennent, pas les pages du manuel.
Procédures à pratiquer régulièrement
- passage sur bail-out ;
- fermeture du DSV ;
- gestion d’une PPO₂ basse ;
- gestion d’une PPO₂ haute ;
- cellule incohérente ;
- perte d’affichage ;
- fuite de boucle ;
- retour complet en circuit ouvert.
Erreur n°16 — Choisir une machine sans penser à la revente
Peu de plongeurs achètent leur premier CCR pour le revendre.
Pourtant, les besoins évoluent.
Certains plongeurs changent de machine après quelques années parce qu’ils passent à la grotte, au Trimix profond, au voyage ou à l’enseignement.
Ce qu’il faut regarder
Les machines répandues, bien supportées et reconnues se revendent généralement plus facilement.
Ce n’est pas le critère principal, mais il mérite d’être pris en compte.
Erreur n°17 — Oublier le coût de la formation continue
La formation initiale CCR n’est que le début.
Ensuite viennent souvent :
- CCR Advanced Nitrox ;
- CCR Decompression Procedures ;
- CCR Trimix ;
- CCR Cave ;
- formation scooter ;
- formation spécifique sur une autre machine.
Le budget doit donc intégrer la progression future.
Erreur n°18 — Penser que le CCR permet de dépasser ses limites
Un recycleur augmente les possibilités, mais il n’annule pas les limites du plongeur.
La profondeur, la narcosis, la densité du gaz, le CO₂, l’essoufflement, le froid, le stress et la gestion d’équipe restent des facteurs majeurs.
Ce qu’il faut retenir
Le CCR est un outil d’exploration, pas une autorisation de brûler les étapes.
Erreur n°19 — Sous-estimer l’importance de l’environnement
Le même recycleur ne se comportera pas de la même façon dans tous les environnements.
Une machine confortable en mer ouverte peut devenir encombrante dans une restriction. Une machine parfaite en grotte peut être moins pratique sur un bateau agité.
Ce qu’il faut faire
Choisissez selon vos conditions réelles : température, visibilité, accès au site, profondeur, courant, portage, type de bateau et type de plongée.
Erreur n°20 — Croire que la machine fera de vous un meilleur plongeur
C’est probablement l’erreur la plus importante.
Un recycleur peut donner accès à des plongées extraordinaires.
Mais il ne remplace jamais l’humilité, l’entraînement et l’expérience.
La machine ne fera pas de vous un meilleur plongeur. Elle révélera surtout votre niveau réel de préparation.
À retenir :
Le CCR ne récompense pas l’improvisation. Il récompense la méthode, la régularité, la précision et l’humilité.
Résumé des 20 erreurs à éviter
| Erreur | Conséquence possible | Bonne approche |
|---|---|---|
| Acheter avant de choisir l’instructeur | Formation difficile ou inadaptée | Choisir d’abord un formateur compétent |
| Regarder seulement le prix | Budget sous-estimé | Calculer le coût complet |
| Copier le choix d’un ami | Machine mal adaptée | Choisir selon sa pratique |
| Machine trop spécialisée | Manque de polyvalence | Penser aux plongées réelles |
| Sous-estimer le poids | Transport et portage difficiles | Évaluer la configuration complète |
| Pièces difficiles à obtenir | Machine immobilisée | Vérifier support et SAV |
| Occasion non inspectée | Réparations coûteuses | Faire vérifier la machine |
| Surconfiance dans l’eCCR | Surveillance insuffisante | Contrôler activement la PPO₂ |
| Technique de base faible | Charge mentale excessive | Renforcer les fondamentaux |
| Préparation sous-estimée | Oublis et erreurs | Accepter une routine stricte |
| Économiser sur les cellules | Lecture PPO₂ douteuse | Remplacer préventivement |
| Réutiliser la chaux sans méthode | Risque CO₂ | Rester conservateur |
| Bail-out négligé | Sortie impossible en sécurité | Planifier le gaz de secours |
| Changer souvent la configuration | Automatismes perturbés | Tester progressivement |
| Procédures peu pratiquées | Réaction lente sous stress | S’entraîner régulièrement |
| Ignorer la revente | Machine difficile à revendre | Choisir une machine supportée |
| Oublier la formation continue | Progression limitée | Prévoir le budget formation |
| Dépasser ses limites | Exposition au risque | Progresser étape par étape |
| Négliger l’environnement | Configuration mal adaptée | Choisir selon les conditions réelles |
| Croire que la machine suffit | Fausse sécurité | Travailler méthode et expérience |
Conclusion du chapitre
La plupart de ces erreurs peuvent être évitées avec une démarche simple : prendre le temps.
Prendre le temps de choisir son instructeur. Prendre le temps d’essayer plusieurs machines. Prendre le temps de comprendre le coût réel. Prendre le temps de bâtir une progression cohérente.
Un recycleur bien choisi peut devenir un compagnon d’exploration exceptionnel pendant de nombreuses années.
Un recycleur choisi trop vite peut devenir une source de frustration, de dépenses et de risques inutiles.
Point final :
Le meilleur achat n’est pas toujours celui qui semble le plus excitant au départ. C’est celui que vous serez encore heureux d’utiliser après cent, deux cents ou cinq cents heures de plongée.
Transition vers la conclusion générale
Il est maintenant temps de conclure ce guide.
Nous avons vu comment fonctionne un recycleur, comment comparer les architectures, comment analyser les machines, comment évaluer le coût réel et comment éviter les erreurs classiques avant l’achat.
La conclusion générale reprendra les idées essentielles pour vous aider à faire un choix clair, réaliste et durable.
Chapitre 9 — Conclusion : Il n’existe pas de recycleur parfait
Lorsque l’on commence à s’intéresser aux recycleurs, il est facile de vouloir trouver la meilleure machine du marché. Les forums débattent sans fin. Les réseaux sociaux défendent telle ou telle marque. Chaque propriétaire est persuadé que son CCR est le meilleur. Pourtant, après plusieurs années d’enseignement, d’essais de différentes machines et de centaines d’heures passées sous l’eau, une conclusion s’impose.
Il n’existe pas de recycleur parfait.
Chaque machine représente un compromis.
Le meilleur recycleur est celui qui correspond à votre pratique
Un plongeur cave sidemount n’aura pas les mêmes besoins qu’un plongeur Trimix profond. Un instructeur qui voyage chaque semaine ne recherchera pas les mêmes qualités qu’un explorateur d’épaves profondes.
Le meilleur recycleur est donc celui qui répond le mieux à votre environnement de plongée.
Il ne sert à rien d’acheter une machine exceptionnelle pour des expéditions à 120 mètres si vous plongez principalement dans les cénotes du Yucatán. À l’inverse, une machine pensée uniquement pour le voyage pourra rapidement montrer ses limites si votre objectif devient l’exploration profonde.
La machine ne fera jamais le plongeur
Beaucoup de nouveaux plongeurs pensent que passer au recycleur leur permettra automatiquement de devenir meilleurs.
La réalité est exactement l’inverse.
Le recycleur amplifie vos qualités… mais également vos défauts.
Une mauvaise flottabilité restera une mauvaise flottabilité. Un palmage inefficace restera inefficace. Une mauvaise gestion du stress deviendra même plus pénalisante.
Le CCR n’est pas une solution miracle. C’est un formidable outil qui demande encore plus de rigueur que le circuit ouvert.
Choisissez votre instructeur avant votre machine
S’il ne fallait retenir qu’un seul conseil de ce guide, ce serait probablement celui-ci.
Choisissez d’abord votre instructeur.
Un bon instructeur saura :
- vous orienter vers une machine adaptée ;
- vous expliquer ses avantages et ses limites ;
- vous transmettre une véritable méthode ;
- vous accompagner après la formation ;
- vous aider à progresser pendant plusieurs années.
À l’inverse, même le meilleur recycleur du marché ne compensera jamais une mauvaise formation.
Le coût d’un CCR ne se mesure pas uniquement en euros
Un recycleur représente un investissement financier important. Mais il représente également un investissement en temps.
Temps de préparation. Temps de maintenance. Temps d’entraînement. Temps de réflexion. Temps de progression.
Ce temps n’est pas une contrainte. Il fait partie de la philosophie du CCR.
Le plaisir avant tout
Au fil des années, j’ai rencontré des plongeurs possédant les machines les plus sophistiquées du marché… qui plongeaient très peu.
J’ai également rencontré des plongeurs équipés de machines beaucoup plus simples… qui passaient plusieurs centaines d’heures sous l’eau chaque année.
La différence n’était pas la machine. La différence était leur plaisir de plonger.
Choisissez donc un recycleur qui vous donnera envie de préparer vos plongées. Qui vous donnera envie d’apprendre. Qui vous donnera envie de voyager. Qui vous donnera envie d’explorer.
L’avenir des recycleurs
Les recycleurs évoluent rapidement.
Les prochaines années verront probablement apparaître :
- des électroniques encore plus fiables ;
- de nouveaux systèmes de surveillance du scrubber ;
- des batteries plus performantes ;
- des matériaux plus légers ;
- des interfaces utilisateur plus intuitives ;
- une meilleure intégration avec les ordinateurs de plongée.
Mais malgré ces évolutions, une chose ne changera probablement jamais.
Le plongeur restera toujours l’élément le plus important du système.
Mon dernier conseil
Si je pouvais donner un seul conseil à quelqu’un qui souhaite acheter son premier recycleur aujourd’hui, ce serait le suivant :
Prenez votre temps. Essayez plusieurs machines. Discutez avec plusieurs instructeurs. Posez des questions. Ne vous laissez pas influencer uniquement par les réseaux sociaux ou les effets de mode. Choisissez une machine que vous aurez encore plaisir à utiliser dans cinq ou dix ans.
Le mot de la fin
Le recycleur n’est pas une fin en soi.
Ce n’est pas un trophée. Ce n’est pas un symbole de niveau. Ce n’est pas un équipement destiné à impressionner les autres plongeurs.
C’est simplement un formidable outil d’exploration.
Utilisé avec méthode, humilité et une formation de qualité, il ouvre les portes d’un monde sous-marin presque silencieux, où la consommation de gaz devient secondaire et où l’on retrouve une sensation de liberté difficile à décrire.
Le meilleur recycleur n’est donc pas celui qui possède le plus d’options.
C’est celui qui vous donnera envie de plonger encore dans dix ans.
Merci d’avoir pris le temps de lire ce guide. J’espère qu’il vous aidera à faire un choix éclairé et surtout à profiter pleinement de vos futures plongées en recycleur. Bonne plongée et plongez toujours avec humilité.




Superbe article, le sujet est travaillé de façon très objective. C’est exactement ce dont j’avais besoin pour ma progression.
SVP, une dernière question. Lorsqu’on voyage avec un recycleur, il n’est pas pratique d’apporter la chaux avec soi. Est-ce que celle-ci est facilement accessible partout et y a-t-il une facon ou un instrument pour en contrôler l’état ou la qualité ?
Bonjour Danielle,
Comment vas-tu ? C’est Julien. 😊
Pour répondre à ta question, il faut effectivement bien se renseigner avant de partir. Beaucoup de centres sont orientés uniquement vers la plongée loisir et ne disposent donc ni d’oxygène, ni de chaux. En revanche, dans les centres spécialisés en plongée technique, il n’est pas rare de trouver les deux.
Si tu voyages avec ton recycleur vers une destination où l’oxygène est disponible mais pas la chaux, tu peux tout à fait apporter la tienne dans ta valise. En général, 2,2 kg de chaux permettent environ 5 à 6 heures d’autonomie en eau chaude.
Je te conseille surtout de choisir ton centre de plongée avant ton voyage afin de t’assurer qu’il propose bien ces services, mais aussi que les instructeurs sont qualifiés pour t’accompagner sur ce type de plongées un peu plus spécifiques.
En tout cas, chez Halocline Explorers, à Playa del Carmen au Mexique, le recycleur fait partie de notre quotidien. Tu seras donc la bienvenue, et nous aurons toujours de l’oxygène et de la chaux disponibles pour toi. 😊
Superbe article!
L’idée du recycleur fait son chemin…😉
Merci de tes précieux conseils
Un plaisir Vincent. Si tu as des questions ou si dans l’avenir le recycleur t’intéresse je serais ravi de te conseiller, voir te former. À bientôt j’espère.